COMMENT JUGER DE LA COMPETENCE D’UN HOMME POLITIQUE ?

Il existe en politique une relation de type autoréférentiel entre les acteurs qui permet à chacun de s’exposer en fonction de ce que font les autres au risque d’occulter les vraies capacités des uns et des autres.

En politique, la relation stratégique entre les adversaires est telle que chacun essaie toujours de se positionner par rapport aux autres, de déterminer non pas la valeur fondamentale ou les compétences des autres, mais simplement ce que l’opinion publique pense des autres.

Chacun va donc chercher à anticiper ce que ses adversaires vont faire. Les sondages d’opinion ne sont d’ailleurs utilisés que pour aider les hommes politiques à se positionner stratégiquement par rapport à l’opinion publique. C’est à mon sens, tout le problème, car la population finit par juger ces hommes et femmes politiques uniquement en fonction de ce positionnement. Nous ne votons plus pour un homme que si on le sent proche de notre vision sans aucune autre préoccupation notamment quant à sa vraie compétence.

Lorsqu’Obama annonça en 2008 que les citoyens ne sont pas une collection de Bleus (Démocrates) et de Rouges (Républicains), mais qu’au final ils sont et resteront toujours des américains, plusieurs sympathisants républicains se seraient semble-t-il sentis plus proches de l’homme que de John McCain. Avec cette seule phrase.

Ensuite, il ajouta que ce que les « mauvaises langues » ne comprennent pas, c’est que l’élection en cours n’a jamais été ni pour lui ni pour McCain, mais qu’elle ne concernait que les citoyens américains. Il dira que ces mêmes citoyens se sont levés pendant 8 longs mois pour dire qu’ils en ont assez de la politique appliquée dans le passé et que le plus grand risque pour le pays c’est d’essayer encore les mêmes politiques avec les mêmes acteurs et espérer un résultat différent. Enfin, il s’attaqua au symbole même de la gouvernance américaine en affirmant que le changement ne viendra pas de Washington, mais à Washington. Quelqu’un qui a été capable d’affirmer de telles choses avec une éloquence hors du commun n’avait certainement pas beaucoup de risque de perdre cette élection.

Ainsi, le changement que les Américains étaient supposés capables de faire (Yes We Can) incluait à tel point les citoyens dans le processus que la population s’est complètement sentie comme le moteur de ce changement, donc sans vraiment se préoccuper de la vraie capacité ni de la compétence réelle d’Obama (que nous ne remettons d’ailleurs aucunement en cause ici).

La recette marche au point qu’on verra d’ailleurs plus tard que d’autres présidents qui ont repris les mêmes slogans du candidat américain ont également été élus sans véritable problème.

L’espoir démagogique qui fait avancer les choses peut dans certains cas être sanctionné par la réalité, d’où la nécessité de panser nos critères d’attachement à tel homme ou telle femme politique et à telle idée ou telle doctrine. Les notions de compétence et de capacité devront alors être au centre de nos préoccupations si nous aspirons avancer sans œillères. 

Et dans ce dessein, il me semble que les principales questions qu’on devrait se poser pour juger des aptitudes de nos politiques c’est de savoir si :

• Un homme ou une femme politique est en adéquation avec les valeurs de la république,

• Il ou elle éprouve de la passion pour son pays et son travail,

• Il ou elle a les compétences à la hauteur de ses responsabilités,

• Il ou elle comprend qu’être homme ou femme politique ce n’est pas avoir un travail, mais c’est avoir des responsabilités,

• Il ou elle est capable de dire en dernier ressort « Au final je suis responsable de… »

Si vous ne regardez pas ces critères, soit dit en passant issus directement des compétences managériales, vous cautionnerez, vous légitimerez et vous encouragerez cette mauvaise pratique qui permet aujourd’hui à une femme ou un homme politique de se forger une place uniquement lorsqu’il ou elle est capable de déterminer ce que l’opinion publique va penser que la vraie valeur de ses adversaires va être, que cette opinion ait raison ou tort.

Le risque de choisir une mauvaise compétence sans ces critères est tellement grand que nous devons juste ne pas le prendre.

Voir aussi le Principe de Peter :

https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2013/05/18/le-principe-de-peter-2/

 

Cheickna Traoré

 

A propos citoyensindignezvous

Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
Cet article, publié dans CONSEIL SUPERIEUR, EDUCATION, ELUS, GOUVERNEMENT, POLITIQUE, PRESTIGE, SOCIETE, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour COMMENT JUGER DE LA COMPETENCE D’UN HOMME POLITIQUE ?

  1. Ping : L’AMBITION DONT ON N’A PAS LES TALENTS EST UN CRIME | uncitoyenindigné

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s