C’EST PAS CE QU’ON NOUS DIT !!!

Fonctionnaires : leur nombre recommence à augmenter

 La France peine à inverser la courbe des effectifs dans la fonction publique. Les collectivités locales sont pointées du doigt par la Cour des comptes.

 Image

Les communes, qui auraient dû voir baisser leurs effectifs, ont au contraire embauché (+ 1,2 % en 2012).© PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST »

En 2008, après trois décennies de hausse ininterrompue et le recrutement de 650 000 agents supplémentaires en dix ans, les effectifs de la fonction publique s’étaient stabilisés autour de 5,3 millions. Historique, la pause aura été de courte durée.

Initiés par le gouvernement Ayrault pour faire reculer le chômage, les contrats aidés dopent à nouveau les chiffresSelon les statistiques de l’Insee publiées il y a quelques jours, les trois fonctions publiques (étatique, territoriale et hospitalière) délivraient en 2012 très exactement 5 507 900 fiches de paie. Soit 15 000 de plus qu’en 2011.

  • La fonction publique d’État à la diète

Seule la fonction publique d’État continue à maigrir. Fin 2011, la règle imposée par Nicolas Sarkozy – le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite – avait permis de supprimer près de 150 000 postes. Même si elle a été abandonnée par le pouvoir socialiste, la décrue s’est poursuivie en 2012, mais sur un rythme beaucoup plus lent, les effectifs n’ayant reculé en moyenne que de 1 %, pour atteindre 2,44 millions. Ce pourcentage cache malgré tout des situations contrastées.

  • Les agences de l’Etat recrutent

Si les ministères ont de nouveau essuyé une sévère purge, tel n’a pas été le cas des 1 244 agences de l’État, dont les plus connues s’appellent Pôle emploi, Météo France, l’Autorité des marchés financiers, la Cinémathèque, le Centre national d’études spatiales, l’Office national des forêts… Entre 2007 et 2012,celles-ci ont vu leur personnel croître de 6 %. Elles salarient actuellement 442 830 personnes et consomment 50 milliards d’euros par an. Entre 1986 et 2008, leurs dépenses de fonctionnement ont augmenté de 4,3 % par an, contre + 2,6 % pour l’État. Aussi bien la Cour des comptes que l’Inspection générale des finances appellent à cadrer la gestion dispendieuse de ces opérateurs publics,  dont les dirigeants perçoivent en moyenne des rémunérations de l’ordre de 123 000 euros par an.

  • Dérapages dans les collectivités territoriales

À l’inverse de l’État, la fonction publique hospitalière (+ 0,6 %) mais surtout la fonction publique territoriale (+ 1,6 %) ne parviennent pas à inverser la courbe des effectifs. Les collectivités locales font une nouvelle fois office de mauvais élève. Toutes les strates du mille-feuille continuent à prendre de l’embonpoint. Et comme à l’accoutumée, les transferts de compétences entre l’État et les collectivités locales, ou entre collectivités locales elles-mêmes, n’expliquent pas tout.

L’arrivée d’anciens agents municipaux a gonflé les effectifs des intercommunalités (+ 5,1 %). En toute logique, les communes auraient dû perdre un peu de poids. Or elles ont embauché (+ 1,2 % en 2012) ! À l’heure où les Français sont assommés d’impôts, cette fuite en avant devient intenable. Pourtant, la pyramide des âges présente un profil favorable : 35 % des agents de la territoriale ont plus de 50 ans, contre 31 % dans les services de l’État.

  • Performances médiocres du dispositif public

La fonction publique représente aujourd’hui 20 % de l’emploi total dans l’Hexagone. Au sein de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui regroupe 34 pays, la France se classe cinquième (90 fonctionnaires pour 1 000 habitants). C’est loin devant l’Allemagne (50), mais loin aussi derrière les nations nordiques, Danemark et Norvège en tête (160).

Peut-on lier les performances économiques d’un pays au nombre de ses fonctionnaires ? Les libéraux franchissent depuis longtemps le pas. Ce ne sont pas les seuls. En période de ras-le-bol fiscal, les administrations ne sont pas à la fête. Pourtant, les comparaisons internationales incitent à la prudence. Les réussites de l’Allemagne vont certes de pair avec un emploi public limité. Mais le dynamisme économique et technologique des États-Unis n’empêche pas l’Oncle Sam de compter presque autant de fonctionnaires par habitant que la France.

À l’évidence, il existe des sureffectifs, notamment dans les collectivités territoriales, qui ont recruté à tour de bras. Mais la question du nombre d’agents ne peut véritablement s’apprécier qu’au regard de la qualité de la prestation rendue. « La France, deuxième pays de l’OCDE pour le poids de la dépense publique, n’occupe pas toujours ce rang pour la qualité de ses services publics », observait l’an dernier Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.

Même si, dans leur majorité, les Français se disent encore satisfaits de leurs services publics, l’image de certains d’entre eux se dégrade fortement.L’Éducation nationale ne sort pas indemne des sondages d’opinion. Les dernières études internationales démontrent que le niveau baisse, alors que la dépense publique par élève reste stable. Au pays de Voltaire et de Marie Curie, la machine à fabriquer de l’échec scolaire s’emballe.

  • Une nécessaire révolution culturelle ?

Management déficient, primauté de l’ancienneté sur le mérite, mobilité restreinte… Le statut de la fonction publique à la française plombe la productivité et freine toute remise en cause. Au-delà d’une nécessaire révolution culturelle, les décideurs doivent aussi se résoudre à admettre que l’État providence ne peut pas tout.

« Il faut arrêter d’étendre en permanence les missions de l’État. Proposer d’accueillir des enfants dès l’âge de 2 ans à l’école, c’est créer un nouveau service. Pénaliser les clients des prostituées, c’est alourdir la charge de travail des policiers, alors qu’on leur reproche déjà de ne pas être assez nombreux », relevait l’an dernier dans une interview accordée à « L’Express » l’énarque et ancien haut fonctionnaire Éric Verhaegue, président jusqu’en 2011 de l’Association pour l’emploi des cadres.

SOURCE Dominique Richard JOURNAL Sud Ouest

A propos citoyensindignezvous

Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
Cet article, publié dans ACTUALITE, DETTE PUBLIQUE, DETTE PUBLIQUE, EDUCATION, FRANCE, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s