ON PEUT RÊVER

Sa candidature serait un gros pavé dans la mare et ferait éclater le clivage Gauche/Droite

Politique-fiction: ce 20 mai 2017, Christine Lagarde entre à l’Élysée

Dans une France en faillite, bloquée par de violentes grèves, la nouvelle présidente de la République succède à François Hollande.

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 Christine Lagarde à l’Élysée : une poignée de main « urbaine ». © Jacques Demarthon / AFP

Elle qui pensait profiter d’une agréable retraite après la fin de sa mission au FMI, terminée à Washington la veille des fêtes de l’Independence Day du 4 juillet 2016, la voilà repartie pour un nouveau mandat de cinq ans. Et cette fois, il s’agit non seulement de sauver la France d’un désastre annoncé, mais d’éviter un écroulement de l’Europe économique. En haut des marches de l’Élysée, la poignée de main de François Hollande est sèche mais urbaine. Dans quelques heures, la nouvelle présidente va devoir prononcer son discours d’investiture dans la grande salle des fêtes du palais et elle pense au chemin parcouru ces derniers mois pour arriver jusque-là.

« La France est fichue »

Après des vacances bien méritées, pendant cet été 2016, dans le Midi, puis en Normandie, Christine Lagarde, libérée de ses responsabilités planétaires au FMI, s’était mise à l’écriture d’un livre de souvenirs. Les premiers coups de semonce tonnent dès le 10 septembre avec une dégradation sévère de la note française par les deux plus grandes agences de notation, Moody’s et Standard & Poor’s. Conséquence immédiate : les taux d’emprunt montent dangereusement, passant en huit jours de 1,4 % à 1,9 %, pour atteindre 3 % à la fin du mois. Les investisseurs internationaux, las de constater que la France se refuse aux vraies réformes, commencent à prendre peur. Le déficit du pays avait atteint 4,8 % du PIB en 2015 et on vient d’apprendre qu’il dépasserait très nettement les 5 % pour l’année 2016.

Alors que la France s’était engagée à descendre sous les 3 % de déficit au plus tard en 2017, ce seuil de 5 % semble avoir été l’élément déclencheur. Un mois après, fin octobre, les taux flirtent avec les 6 %. La Bourse de Paris tangue tellement qu’on se pose la question de sa fermeture. Seul le CAC 40 résiste encore. Les grands médias audiovisuels contribuent à installer un climat de peur dans l’opinion. À Bruxelles, l’inquiétude devient tangible. En Allemagne, Angela Merkel déclare en conseil des ministres : « La France est fichue et va nous entraîner au fond du puits. » Un journaliste du Spiegel l’apprend et un scandale éclate. Le Français Pierre Moscovici, commissaire européen à l’Économie, se terre dans ses bureaux de Bruxelles et refuse de parler aux journalistes. À Paris, comme d’habitude, on temporise.

« Je serai candidate à la prochaine élection présidentielle »

Pendant tout le mois de novembre, alors que les taux continuent de monter, il est de plus en plus question de faire appel au FMI. Christine Lagarde a vu sa cote TNS Sofres dans Le Figaro Magazine passer de 38 % lors de son départ du FMI à 53 % fin novembre et elle est de loin en tête dans tous les sondages. La première quinzaine de décembre est dramatique : les syndicats CGT, FO et SUD déclenchent des « grèves d’alerte » dans les transports.

Le deuxième vendredi de décembre, la cote de Christine Lagarde atteint les 60 % et, alors qu’elle s’était toujours refusée à la moindre déclaration, elle livre à l’AFP un communiqué ainsi rédigé : « Devant les menaces graves qui pèsent aujourd’hui sur notre pays, je me tiens prête à me consacrer totalement à son redressement et je serai candidate à la prochaine élection présidentielle. » Les principaux sondeurs, qui avaient anticipé cette candidature et transmis à l’intéressée leurs prévisions, lui donnent en moyenne 27 % au premier tour devant Marine Le Pen à 18 %, Valls à 17, Juppé à 13, Sarkozy à 12, Mélenchon à 7, Duflot à 2, et cinq candidats marginaux à un total de 4 %. Au second tour, Lagarde l’emporterait devant Le Pen avec un score sans appel de 63/37.

« Le plan de la dernière chance »

Après les fêtes de cette fin d’année 2016 commence alors une incroyable période jusqu’au premier tour du 22 avril 2017. Pendant quinze semaines, la France va osciller entre désespoir et révolution, les extrêmes tenant le haut du pavé, lançant grève sur grève, jusqu’à une grève générale au retour des vacances de février. Les caisses sont vides et on doute de pouvoir payer les fonctionnaires à partir du mois de septembre. Le Trésor a un mal fou à emprunter, même au taux de 7,5 %. Le chaos s’est installé en France.

La candidate Lagarde, qui a travaillé étroitement avec ses anciens collaborateurs du FMI, dont le Français Olivier Blanchard, directeur des études et professeur d’économie au MIT, avec les chercheurs de l’École d’économie de Toulouse, dont Jean Tirole, le Nobel 2014, et avec de nombreux experts internationaux, annonce courant mars son plan « pour gagner la guerre économique et ramener la paix sociale ». Et c’est sur les fondements de ce plan qu’elle sera élue le 6 mai 2017 à la présidence de la République avec 61 % des voix au second tour, face à Marine Le Pen, 39 %. Pour la première fois dans l’histoire de France, une femme accédait à la magistrature suprême. Le « plan de la dernière chance » de Christine Lagarde allait enfin pouvoir s’appliquer.

Dès son entrée en fonction, le 20 mai 2017, la nouvelle présidente annonce un référendum immédiat sur son plan de 10 « mesures fondatrices pour la France ».

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Les premières mesures proposées par la nouvelle présidente remettent en cause le modèle économique et social français. © Lionel Bonaventure / AFP

Le plan de Christine Lagarde  est entièrement basé sur la remise en cause complète du « modèle économique et social français » dans le cadre d’une « révolution pacifique ». L’ancienne directrice du FMI l’avait déjà présenté dans ses grandes lignes avant son élection, lors d’un discours au Havre qui avait frappé les esprits et qu’elle avait conclu ainsi : « Le temps est venu pour les politiques de prendre du recul et de laisser les économistes faire le travail. » Les Français savent ce qui les attend. Ils savent aussi qu’ils seront consultés par référendum dans trois semaines pour accepter ou refuser les 10 points de la première étape du plan Lagarde. Puis un second référendum en novembre 2017 leur permettra de valider ou non les 10 points suivants et ainsi de suite, au moins une fois par an, jusqu’à ce que le pays soit tiré d’affaire.

Les 10 points du premier référendum sont les suivants :

  1. Suppression des départements et des cantons ainsi que, par des fusions, des 19 900 communes de moins de 500 habitants (dans lesquelles on ne compte que 6,9 % de la population française).
  2. Le Sénatet le Conseil économique et social fusionnent et le total des « nouveaux sénateurs » est ramené à 200 maximums. Pour l’Assemblée nationale, le nombre des députés est diminué de moitié et réduit de 577 à 280.
  3. Les hommes et les femmes politiques deviennent inéligibles à vie en cas d’inculpation pénale (avec retour possible si l’inculpation ne donne pas lieu à condamnation) et plus aucun cumul des mandats n’est autorisé. Les fonctionnaires devront avoir démissionné de la fonction publique, sans retour possible, avant de pouvoir occuper un poste électif ou officiel rémunéré.
  4. Les budgets annuels ne pourront plus être en déficit et le Parlement réuni en Congrès une fois par an procédera aux arbitrages si nécessaire.
  5. Le statut des fonctionnaires de 1946 est aboli. Des exceptions sont prévues pour les missions régaliennes. Tous les recrutements dans la fonction publique sont supprimés pendant 5 ans, sauf cas particuliers qui devront être cautionnés par un ministre d’État.
  6. Les régimes spéciaux de retraite sont supprimés.
  7. Le droit de grève est suspendu pendant 5 ans pour tous les salariés payés par des fonds publics, qu’ils bénéficient ou non du statut de fonctionnaire. Pour les autres salariés, ce droit est strictement encadré et toutes les subventions publiques à des syndicats sont interdites sous quelque forme que ce soit.
  8. Un contrat de travail unique est institué avec une période d’essai de 3 mois, renouvelable 3 fois.
  9. Les diverses lois sur les 35 heures et les RTT sont abolies. Le smic est supprimé. L’application du Code du travail est suspendue jusqu’à sa complète réécriture sur moins de 100 pages, laquelle devra être terminée avant le 31 décembre 2017.
  10. Un « blocage » fiscal est institué pendant 3 ans et plus aucun impôt ni aucune taxe ne seront créés ou augmentés, excepté la TVA et la CSG, et exclusivement en cas de force majeure. Les 179 « petites taxes » dont le rendement est inférieur à 100 millions d’euros sont supprimées, ainsi que l’ISF, les droits de succession en ligne directe et la majorité des niches fiscales. Tous les salariés à temps complet, sans exception, sont assujettis à l’impôt sur le revenu, avec prélèvement à la source.

 

Après ces 10 mesures « fondatrices pour la France », la présidente Lagarde annonce qu’elle suspend le poste de Premier ministre et que le gouvernement de crise qu’elle va présider sera constitué de 4 ministres d’État (Intérieur, Extérieur, Économie et Social), assistés de 12 ministres avec des cabinets réduits et des « comités de conseillers » composés pour une première moitié de hauts fonctionnaires et, pour l’autre moitié, d’entrepreneurs, réunis sous la direction effective d’un membre éminent de la « société civile ». De plus, elle crée un « Comité des Premiers », composé de tous les anciens Premiers ministres qui accepteront de l’aider et qui se réunira chaque semaine à l’Élysée, sous présidence tournante.

Christine Lagarde prononce son discours d’investiture devant les corps constitués, quelques invités et la presse internationale. En plus des chaînes françaises, de nombreuses télés étrangères le retransmettent en direct, particulièrement en Belgique, en Allemagne et aux États-Unis.

Après avoir remercié « tous les Français » qui l’ont élue et tous ses « compagnons de route » qui l’ont aidée à mettre au point son « plan de la dernière chance » dont elle rappelle les grandes lignes, la nouvelle présidente déclare, très émue : « Pour en terminer, mes chers concitoyens, je voudrais rendre hommage à un géant de l’humanité que je vénère particulièrement depuis toujours, Abraham Lincoln, ancien président des États-Unis d’Amérique, qui prononça en 1860 devant le Congrès ces mots que je souhaite répéter ici avec ferveur :

Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne ; vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort ; vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur ; vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes ; vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche ; vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous ne gagnez ; vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance ; vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. »

Un tonnerre d’applaudissements scanda la fin de ces paroles historiques et il n’y eut plus aucun doute pour personne : une nouvelle ère venait enfin de s’ouvrir.

Source : Le Point.fr/JEAN NOUAILHAC

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Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
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