COMMENT ÇA SE PASSERAIT EN FRANCE

Si Marine Le Pen était élue présidente de la République…

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Imaginons les premiers instants après l’élection de Marine Le Pen à la tête de l’État, et les premières réactions de ses opposants dans la rue, les médias et le champ politique…

C’est bien volontiers que je rassure les inquisiteurs politiques, les suspicieux médiatiques. Ce titre évoque une éventualité mais ne formule pas un souhait. Même quand on n’y est pas contraint, il n’est jamais inutile de réduire à néant les procès d’intention.

Avant que Donald Trump soit élu président au grand désappointement de beaucoup de Français mais par des Américains en masse ayant oublié de souscrire aux injonctions de la bienséance internationale, la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle était quasiment acquise pour la plupart des observateurs et dans tous les sondages.

Depuis l’élection de Trump et à un degré moindre le résultat du Brexit, voir la France, par désespoir, par irresponsabilité, par détestation des offres politiques classiques, porter au pinacle Marine Le Pen n’est plus du tout perçu comme une idée absurde, une impossibilité. Rêve pour certains, cauchemar pour d’autres. Mais plausibilité aujourd’hui.

D’autant plus que du côté de la gauche, les discours et les pratiques n’ont cessé de renforcer le FN, en amplifiant ce qu’ils prétendaient combattre, en grande partie à cause d’une indifférence suicidaire à l’égard du peuple, cette multitude si vulgaire qui estimait avoir des droits et devoir être écoutée !

Face aux protestataires violents

Les électeurs du FN sont courageux ou inconscients. Je n’ai pas pu m’empêcher de songer à eux en considérant l’incroyable déni démocratique aux USA, un pays pourtant emblématique sur le plan des principes. Cette démocratie exemplaire, on l’a vue parfaite dans la relève présidentielle et par le comportement indépassable de tenue du couple Obama.

Mais, à côté de cette allure officielle, tous ces protestataires violents, ces casseurs cagoulés – pourtant on n’était pas en Europe ! -, ces foules manifestant contre le président élu à cause de ses propos sur les femmes et les immigrés, comme s’il n’avait pas suffi pour elles d’avoir exprimé leur opposition, avant, par la voie légitime ! Il n’était pas tolérable que cette personnalité l’ait emporté et au moment même où cette multitude prétendait lui donner des leçons d’éthique et de vertu, elle montrait elle-même le peu de cas qu’elle faisait des valeurs !

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Imaginons ce qui se passerait en France si Marine Le Pen se retrouvait en effet qualifiée pour le second tour. J’ose espérer que, contrairement à son père que Jacques Chirac avait snobé – on peut avoir peur de quelqu’un qu’on affecte de mépriser -, Marine Le Pen serait naturellement admise à débattre avec son adversaire.

Le fascisme ne passera pas

Je néglige le tintamarre médiatique qui durant une semaine, selon les quotidiens et les hebdomadaires concernés, nous annoncera que « le fascisme ne passera pas » ou qu’il est à nos portes. Valeurs actuelles, pour sa couverture sur Marine Le Pen avec cette interrogation sous sa photographie : « La future présidente ? », sera traîné dans la boue par ses confrères. Le Monde, dans un éditorial brillamment fielleux, dispensera une leçon de morale civique au peuple coupable de n’être pas de gauche. France Inter bouleversera sa programmation et à chaque Matinale, les humoristes viendront nous rappeler qu’ils ne sont pas là pour faire rire mais pour penser. BHL sonnera le tocsin. Laurent Delahousse, au journal de France 2, avec élégance nous bercera et nous détournera du diable avec le sourire. Jean d’Ormesson écrira un article balancé dans Le FigaroMediapart appellera à l’insurrection d’une nouvelle Commune. Il sera interdit de se moquer.

Pour faire « objectif », on invitera une fois Gilbert Collard et on le regrettera, parce que ses bons mots auront attiré la sympathie de gens voués à être aux antipodes de lui.

La dramatisation exacerbée, la honte anticipée, l’horreur proclamée : avec, la main sur le cœur, l’assurance que l’électeur est libre et doit demeurer serein.

Bref une République dans toute sa splendeur, à armes égales !

Alain Minc sera questionné. Il affirmera que Marine Le Pen ne peut qu’être battue.

Jacques Attali publiera son centième ouvrage sur l’état de la France en 2042.

Et Marine Le Pen est élue présidente de la République !

L’Humanité titre : « Le fascisme est passé ». Le Parisien consacre une double page à l’opinion des Français qui n’ont pas voté.

Grèves, blocages, casseurs

Toutes proportions gardées, la France, dès cet instant, laisse les États-Unis à mille coudées en dessous d’elle. Nous avons eu une Révolution, nous avons coupé la tête d’un roi et nous allons montrer à cet odieux résultat électoral de quel bois nous nous chauffons ! Grèves, blocages, casseurs venus de banlieues ou d’ailleurs, un pouvoir débordé, un ministre de l’Intérieur laissant faire, des syndicats apolitiques mais à fond contre cette présidente, des étudiants survoltés et impliqués, une succession de Jours debout et de Nuits couchées, des Collectifs à foison, les avions ne s’envolent plus, les trains demeurent à quai, il y a des sit-in, des assemblées générales, une bienfaisante chienlit parce que républicaine, François Hollande ne dit rien et attend la passation des pouvoirs.

Des intellectuels sous la houlette d’Alain Badiou, d’Édouard Louis et d’Éric Fassin font signer une pétition pour que l’élection présidentielle soit recommencée afin que le peuple dûment chapitré ne s’égare plus et vote pour le bon.

Michel Onfray est agressé dans la rue par un jeune homme qui hurle CRS SS. Le philosophe lui demande pourquoi.

Éric Zemmour est invisible.

Henri Guaino explose chaque jour.

Éric Dupond-Moretti défend à tour de bras tous ceux qui font appel à lui. Forcément innocents. Il est sur tous les fronts contre le FN.

On somme les désengagés de signer des pétitions. Yasmina Reza renâcle.

Jean-Luc Mélenchon se tait. On se souvient que lors d’une émission politique il avait étonné en déclarant que le peuple français était seul juge et que s’il désirait Marine Le Pen, il faudrait en prendre acte.

Et la France est au bord du gouffre.

Le jour J est arrivé. L’entourage de François Hollande murmure que le président de la République nous prépare un coup. Une vraie surprise puisque pour une fois il ne l’aura pas annoncée ni commentée dans un livre en dialoguant avec des journalistes.

Marine Le Pen arrive. Elle est accueillie. Au bout d’une demi-heure, l’un et l’autre apparemment calmes et souriants sont sur le perron de l’Élysée. On s’attend à ce que François Hollande offense à sa manière Marine Le Pen, invente une indélicatesse comme il l’avait fait en 2012 en ne raccompagnant pas à sa voiture le couple Sarkozy. Il fallait excuser cette grossièreté : il n’y a qu’un seul Barack Obama et personne n’a pu prétendre l’égaler nulle part. Surtout pas François Hollande dont la Michelle a été Julie.

François Hollande serre normalement la main de Marine Le Pen mais soudainement il la gifle. Applaudissements du personnel de l’Élysée.

La présidente Le Pen, sans broncher, entre dans le Palais. François Hollande quitte les lieux en voiture.

Son secrétariat particulier diffusera très vite un communiqué que l’AFP reprendra. La gifle était « un dernier acte de résistance ». Pour défendre cette valeur essentielle de notre devise républicaine : la fraternité.

Entre gravité et dérision, entre fantasmes et réalités, si Marine Le Pen était élue présidente de la République, ses électeurs, à défaut de lucidité politique, auraient du cran. La politique serait moins que jamais un long fleuve tranquille…

Source : Philippe Bilger sur son blog.

 

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A propos citoyensindignezvous

Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
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2 commentaires pour COMMENT ÇA SE PASSERAIT EN FRANCE

  1. josephhokayem dit :

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

  2. marcel dit :

    malheureusement, vous n’êtes pas loin d’une vérité ! si marine le pen était élue , il lui serait impossible de gouverner , les gauchistes mettraient la France à feu et à sang ! pour la gauche la France est née à la « Révolution », mais cette même révolution n’était elle pas un acte  » populiste » jusqu’à ce que les années de la terreur y mettent fin avec l’aide de Robespierre ? la démocratie n’existe plus en France , et le FN ne pourra jamais dirigé sereinement le Pays !

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