POUR MIEUX COMPRENDRE

#PENELOPEGATE

Pourtant, Fin 2016, Pénélope Fillon disait ne s’être « jamais impliquée dans la vie politique de son mari »

 Capture.JPG

Pénélope Fillon et son époux François, pour qui elle a travaillé sans pour autant s’être « impliquée » dans sa vie politique ¯\_(ツ)_/¯ © PHILIPPE LOPEZ / AFP

JAMAIS AU GRAND JAMAIS – On l’ignorait jusqu’à mardi 24 janvier, mais Penelope Fillon a été rémunérée en tant qu’assistante parlementaire de son époux François et de son suppléant, comme l’a révélé Le Canard Enchaîné. Au total, entre 1998 et 2007 puis en 2012, elle a perçu environ 500.000 euros brut sur les caisses parlementaires. Pourtant, en octobre 2016, la même Pénélope Fillon s’engageait publiquement dans la campagne du futur vainqueur de la primaire de la droite, expliquant ne s’être « jamais », jusqu’alors, « impliquée dans la vie politique de son mari ».

En octobre 2016, un peu plus d’un mois avant le premier tour de la primaire, l’épouse de l’ancien Premier ministre sortait en effet de son éternelle réserve pour battre la campagne. À l’occasion d’un déplacement à Dijon (Côte d’Or), elle évoquait ce premier engagement dans la lumière. Elle disait alors :

Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari.

Une déclaration rapportée par Le Bien Public à l’époque et retrouvée notamment par le photojournaliste Louis Witter mardi 24 janvier au soir. Des propos qui rentrent quelque peu en contradiction avec son activité passée de collaboratrice parlementaire de François Fillon. Preuve que cette ligne de son CV a été soigneusement passée sous silence. Preuve, aussi, que ce poste d’assistante parlementaire n’en était pas vraiment un ? 

Fin 2016 toujours (en novembre), lors de de la présentation du comité des « Femmes avec Fillon », l’épouse du candidat déclarait encore :

J’ai tout d’un coup senti le besoin de m’impliquer, de m’engager un peu plus fortement que je ne l’ai fait jusque là puisque depuis 35 ans, je suis bien restée dans l’ombre. Mais là, l’enjeu, je trouve, est différent. C’est la première fois que François se présente à la présidence de la République et donc c’est la première fois que je me lance vraiment avec lui dans cette bataille.

Encore plus loin dans le temps, elle tenait déjà cette ligne. Dans un portrait consacré à celui qui était Premier ministre par l’émission À vous de juger en 2008, Penelope Fillon disait à propos de son mari :

Oh bah j’ai pas de rôle. Voilà, je l’accompagne de temps en temps comme ça, ça se limite à ça. À revoir dans cette vidéo de l’INA (à partir de 3’30 ») :

Penelope Fillon, A vous de Juger, 12 juin 2008 « J’ai pas de rôle. Je l’accompagne de temps en temps comme ça

 » http://www.ina.fr/video/3646301001002/portrait-de-francois-fillon-video.html …

Remontons encore dans le temps. L’hebdomadaire Le Point a exhumé un papier du Parisien du 19 décembre 2002 intitulé « Les femmes de ministre s’affichent ». A l’époque, François Fillon est ministre des Affaires sociales. Pénélope Fillon assure être en retrait de la carrière politique de son mari et jure n’aller au ministère que « le lundi matin, pour apporter le courrier qui arrive chez [eux] aux collaborateurs de [s]on mari ». 

Si elle peut être contestée sur le plan moral, la pratique qui consiste pour un parlementaire à embaucher un membre de sa famille est courante et n’a rien d’illégal… pour peu qu’il ne s’agisse pas d’un emploi fictif. Or c’est bien le soupçon qui pèse sur le couple Fillon aujourd’hui.

« ‘Penny’ ne laisse pas de trace d’activité ni à Paris ni à Sablé-sur-Sarthe [la terre d’élection de François Fillon, ndlr] », écrit ainsi Le Canard Enchaîné. L’hebdomadaire cite également le témoignage de celle qui était à l’époque collaboratrice de Marc Joulaud, suppléant du député Fillon. Jeanne Robinson Behre dit pour sa part « n’avoir jamais travaillé avec elle ».

fillon 3.JPG

fillon.JPG

Affaire Penelope Fillon : que risque le couple Fillon ?

Capture.JPG

Un employeur poursuivit pour détournement de fonds publics encourt jusqu’à 10 ans de prison.@ DAMIEN MEYER / AFP

 La justice s’intéresse aux sommes gagnées par Penelope Fillon, notamment employée comme attachée parlementaire de son mari et du suppléant de celui-ci pendant huit ans. 

Alors que la polémique enfle, la justice entre en scène. Mercredi, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits, après des révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations de Penelope Fillon.

Le journal satirique affirme que la femme du candidat à l’élection présidentielle, ex-député de la Sarthe, a été rémunérée comme attachée parlementaire de son mari puis du suppléant de celui-ci entre 1998 et 2002, pour quelque 500.000 euros brut. Toujours selon Le Canard, Penelope Fillon aurait également été employée entre 2012 et 2013 comme conseillère littéraire à La Revue des deux Mondes, un périodique détenu par Marc Ladreit de Lacharrière, un proche de François Fillon. Elle aurait touché à ce poste 100.000 euros brut.

  • Que dit la loi sur les assistants parlementaires ?

Les élus disposent d’une enveloppe d’environ 9.500 euros mensuels pour rémunérer jusqu’à cinq collaborateurs. La loi n’interdit pas à un député d’employer un membre de sa famille comme attaché parlementaire mais dans le cas d’un époux/se, la rémunération ne peut dépasser la moitié de l’enveloppe. Toutefois, l’absentéisme de Penelope Fillon, pointé par l’hebdomadaire, interroge sur la nature réelle de ses fonctions et soulève des suspicions d’emploi fictif, d’autant plus qu’une partie de l’entourage de François Fillon, interrogée par Le Canard enchaîné mais aussi par Europe 1, semble avoir tout ignoré du lien contractuel au sein du couple.

  • De quelle infraction parle-t-on ?

« L’emploi fictif n’est pas une infraction », précise auprès d’Europe 1 Eric Alt, magistrat et vice-président d’Anticor, association de lutte contre la corruption politique. « Il peut néanmoins être un élément de preuve d’un détournement de fonds publics, qui lui est une infraction pénale ». Les enquêteurs devraient donc commencer par se concentrer sur la consultation d’une série de pièces, comme les agendas de Penelope Fillon, susceptibles de démontrer que cet emploi était bien associé à des tâches effectives.

En ce qui concerne la rémunération versée par La Revue des deux Mondes, puisqu’il ne s’agit pas d’argent public, c’est le chef d' »abus de confiance » qui pourrait être retenu contre Penelope Fillon si la revue décidait de porter plainte, précise Eric Alt.

  • Les faits sont-ils prescrits ?

Dans la mesure où les faits rapportés par Le Canard enchaîné date d’une quinzaine d’années, la question de la prescription est posée. « Elle peut partir de la découverte des faits si l’enquête détermine qu’il s’agit d’une infraction dissimulée, ou bien du dernier versement s’il s’avère que l’infraction était connue de l’Assemblée nationale », explique le magistrat. Dans le premier cas de figure, la date de découverte étant la publication de l’article du journal satirique, l’enquête pourrait se poursuivre. À l’inverse, si les faits n’ont pas été sciemment dissimulés, la prescription étant de 3 ans, l’affaire pourrait être classée.

  • À quel type de condamnation s’expose le couple Fillon ?

Un employeur poursuivi pour détournement de fonds publics encourt jusqu’à 10 ans de prison et une amende d’un million d’euros. Une condamnation qui, pour un élu, peut s’accompagner d’une peine d’inéligibilité. Le bénéficiaire des sommes détournées est quant à lui susceptible d’être poursuivi pour recel de détournement de fonds. Il risque jusqu’à 10 ans de prison et une amende de 750.000 euros.

François Fillon, actuellement député de Paris, dispose cependant d’une immunité parlementaire. « Elle ne permet pas à un député de faire n’importe quoi », souligne le magistrat, « surtout si les faits reprochés ont été commis à l’intérieur du parlement ». Ainsi, l’immunité n’empêche pas l’ouverture d’une enquête, ni la mise en examen ou l’engagement de poursuites judiciaires. Néanmoins, si François Fillon devait faire l’objet de mesures restrictives de sa liberté, comme un placement en garde à vue, le Bureau de l’Assemblée nationale devrait se réunir pour voter la levée de son immunité. « Mais je ne pense pas que l’on en arrive à cette extrémité », nuance Eric Alt.

Pour l’heure, la présomption d’innocence prévaut et c’est au procureur qu’il appartiendra de déterminer, au terme de l’enquête préliminaire, s’il convient ou non d’ouvrir une information judiciaire. Néanmoins, il pourrait bien s’agir d’un véritable handicap politique pour le candidat qui, en début de campagne, faisait valoir son intégrité morale face à des concurrents empêtrés dans les affaires

Sources : Europe 1/Etienne Baldit / Guillaume Daudin/et divers

 

Publicités

A propos citoyensindignezvous

Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
Cet article, publié dans ACTUALITE, CORRUPTION, FRANCE, FRAUDE FISCALE, POLITIQUE, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s