LA COLÈRE ME RONGE…LETTRE D UN INFIRMIER…

Lettre Ouverte à monsieur Macron, monsieur Philippe, madame Buzyn, monsieur Veran, messieurs et mesdames les ministres.

Je m’appelle Thomas Grimal, j’ai 40 ans. Je suis père de trois enfants et infirmier en réanimation en hôpital PSPH depuis 13 ans .

Vous ne me connaissez pas car je ne suis personne. Je suis un citoyen ordinaire, ni pauvre ni riche, je n’ai pas d’appartenance politique, pas d’activité politique ou associative. Je cotise à l’ordre infirmier, je paye mes impôts et mon statut de citoyen lambda me tient bien loin de quelques conflits d’intérêts.

Je ne m’intronise pas expert en épidémiologie, je ne pense pas être meilleur qu’un autre, je suis factuel et n’utilise que vos chiffres.

Cette lettre ne changera probablement rien, mais elle me permettra de me soulager de la colère qui me ronge.

Mon métier, notre métier, que vous tenez en si grande estime en ces temps de pandémie, est une passion, un investissement, une raison d’être. Pour autant, la colère monte dans nos rangs le doute s’installe.

Cette colère ne grandit pas, pour les fautes d’hier, elle ne grandit pas pour le dédain, pas pour les attaques répétées à nos conditions de travail, ni pour votre violence lorsque nous sommes dans la rue.

 Ma colère, notre colère grandie car cette crise sanitaire sans précédents révèle chaque jour un peu plus les lacunes, les fautes et les manquements avec lesquels vous la gérez.

Vos annonces, vos discours, votre méthode Coué ne dupent personne. Nous nous lançons dans une guerre qui n’a jamais été préparée, qui n’a jamais été anticipée.

Vous qui vous targuiez de proposer une politique différente, une politique d’amateurs, vous avez réussi. On en a pour notre argent…

Monsieur Macron, monsieur Philippe, madame Buzin, monsieur Veran, on ne part pas à la guerre avec des intentions, on part à la guerre avec une stratégie et avec des armes… Seulement voilà : les armes (c’est drôle c’est l’anagramme de rames) nous n’en avons pas ou presque plus.

Alors je vous pose la question : Où sont nos masques, où sont nos tabliers, nos sarraus, nos gels hydroalcooliques, où est la réserve stratégique de l’État dont vous vous vantiez tant, où sont nos armes ?

Vous avez tellement dénigré l’importance de notre mission, dans votre vision comptable étriquée, dans cette vision à si court terme, que vous les avez sacrifiés sur l’autel de la dette…

C’est une faute morale grave, c’est une faute professionnelle, c’est une erreur stratégique majeure car sans armes, nous, soignants, nous ne serons que d’une utilité limitée dans le temps.

Votre métier à vous politiques n’était-il pas de prévoir, d’anticiper, de planifier ?

La réalité est simple, glaçante, vous nous avez abandonné.

Nous en sommes à mendier du matériel sur les réseaux sociaux, nous en sommes à solliciter les bonnes volontés pour pallier l’insuffisance régalienne .

Le pire c’est que nous ne le faisons pas par crainte pour nos vies, mais parce que sans nous la guerre est perdue, parce qu’un soignant dans un lit ne remplit plus sa mission, parce qu’il devient un poids supplémentaire pour des services déjà bondés.

Parlons maintenant stratégie.

– Nous vivons dans un monde où les mouvements de populations sont la règle, mais nous nous sommes arc-boutés sur une stratégie chinoise à la recherche de patients 0, ignorant totalement qu’à l’inverse des Chinois il n’y aurait pas un mais plusieurs patients contaminants, vouant cette stratégie à une partie de cache-cache à 67 millions de Français.

– Pire nous avons complètement fait l’impasse sur la possibilité de porteurs sains (c’est quand même une notion qui ne date pas d’hier).

– Nous avons regardé avec suffisance nos amis italiens durant deux semaines, nous gargarisant d’une lucidité stratégique dont ils étaient incapables, puis nous avons pris les mêmes recommandations avec 2 semaines de retard.

– Vous nous annoncez une « grippette » sans danger pour les jeunes avec 10% de cas graves. Nouvelle erreur, la « grippette » est infiniment plus contagieuse que la grippe (100 fois plus si l’on en croit l’Institut Pasteur) et tue 6 à 10 fois plus. Selon vos statistiques, on peut tabler sur une épidémie à 30 millions de malades. Je vous laisse calculer 10% de ce chiffre et le mettre en lien avec nos capacités de réanimation.

– Notre ministre de tutelle madame Buzin démissionne de son poste en pleine gestion de crise pour porter candidature à la mairie de Paris, et elle nous explique trois semaines plus tard qu’elle savait… Elle savait, vous saviez, et rien, rien n’a été anticipé. Que dire ?

– Vous interdisez les concerts de plus de 5000 personnes, mais vous autorisez explications farfelues à la clef, un Juventus / Lyon avec plusieurs dizaines de milliers de personnes dans un stade, et ce en début de quarantaine italienne (je ne vous ferai pas l’affront de vous indiquer où se trouve Turin).

– Vous organisez des élections dans un contexte sanitaire et démocratique indigne pour ne pas dire scandaleux, faisant fi de toutes les recommandations scientifiques, de tout bon sens.

– La liste est non exhaustive et vous le savez.

Comment voulez-vous garder une once de crédibilité ? Comment pouvez-vous imaginer qu’après cela les citoyens français puissent observer la moindre consigne ? Comment pensez-vous que l’on puisse vous octroyer la moindre confiance ?

Il n’y a rien de plus dangereux et de plus contre-productif qu’un peuple défiant…

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement ?

Continuons :

Je reçois chaque jour les recommandations de l’ARS et du Ministère de la Santé. Ça me laisse sans voix…

Vous dites compter sur notre réseau extrahospitalier (médecins, infirmières, sages-femmes, kinés, pharmaciens, etc…) que vous qualifiez de maillons indispensables.

Vous leur demandez de se protéger avec des masques FFP1, masques connus pour n’apporter AUCUNE protection au soignant qui le porte…

Personne ne vous a expliqué cela ???

Vous envoyez nos femmes, nos enfants, nos maris, nos parents au front sans la moindre protection, sans le moindre espoir de les épargner.

Vous, qui vous revendiquez d’une politique nouvelle vous ne faites que répéter l’histoire encore et encore et encore…

Cette force vive de proximité, vous allez la décimer en quelques semaines. Encore une fois, quelle sera leur utilité dans un lit, en réanimation ou à la morgue ?

Cinq médecins et une infirmière sont déjà morts. D’autres viendront. Que direz-vous à leur famille ?

Mon service dispose d’une réserve de masques FFP2 pour une durée de 3 à 8 jours. Nous n’avons plus de tabliers.

J’ai trois enfants, ma femme est sage-femme libérale. Le jour où je ne pourrai plus me protéger, je ne rentrerai plus chez moi. Ma femme ne pourra plus remplir sa propre mission.

La situation inverse est aussi valable. En l’absence de protection pour elle, je risque aussi de me retrouver contraint de ne pas remplir ma propre mission pour m’occuper de mes enfants.

Où est la vision, où est la stratégie dans cette démarche ?

Je vois certains libéraux dotés de 18 masques FFP1 pour la semaine, des hospitaliers à qui l’on donne 3 masques pour 12h quand les recommandations sont de les changer toutes les deux heures.

Cette gestion est une aberration, notre situation est une aberration, elle vous discrédite chaque jour un peu plus.

C’EST UNE HONTE !!!

L’heure est grave et nous ne sommes pas à rendre des comptes, pas encore. Nous n’avons pas de temps à perdre. Le temps viendra où chacun de nous sera jugé sur ses actes et sur ses manquements. Le jour viendra où vous devrez expliquer au peuple de France la mesure de notre impréparation. Les premiers de cordée n’ont pas équipé la voie et c’est votre responsabilité qui est engagée.

Alors oui, nous, soignants, routiers, caissières, tant d’autres, nous autres insignifiants citoyens nous allons retrousser nos manches jusqu’aux épaules s’il le faut. Nous l’avons toujours fait, nous le ferons encore.

Comme vous le disait le neurologue de la Pitié-Salpêtrière, François Salachas, nous serons là… L’inverse reste toujours à prouver….

Je ne suis personne, un simple infirmier en colère qui tremble pour ses collègues.

Vous me direz sûrement : suffisant, prétentieux, incapable d’appréhender la complexité des choses. Peut-être aurai-je même la chance d’être qualifié de Gaulois réfractaire et ce sera une fierté.

La fierté de montrer que même invisible et insignifiant nous honorons la liberté qui nous a été offerte et que nous portons haut nos valeurs.

NB : Pas de commentaires à caractères politiques ou haineux merci.

N’hésitez pas à partager

Note de Citoyen Indigné : Je ne sais pas si cette lettre  a été envoyée, ou pas, mais rur le fond, Comme on les comprend… Ces gens sont au front, ils font face de toute leur énergie, de toutes leurs forces…Ils sont conscients du risque, mais ils sont présents…Si vous cherchiez une définition de l’abnégation, c’est ça !!! Les conséquences des mesures gouvernementales ne seront pas les mêmes pour personne, elles seront insignifiantes pour les uns, elles seront ultimes pour d’autres…Mais de savoir que la mort de certains sera la conséquence d’une bêtise insondable, du mensonge et du cynisme d’irresponsables, c’est insupportable…

A propos citoyensindignezvous

Que demande un citoyen de la part de ses gouvernants: Qu'ils fassent ce pourquoi ils ont été élus. Un peu de respect et de considération. Hors, aujourd'hui c'est tout le contraire... Alors, oui, je suis indigné!!! Au vu de ce que j'ai découvert depuis que j'ai ouvert ce blog, je suis révolté!!!
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Un commentaire pour LA COLÈRE ME RONGE…LETTRE D UN INFIRMIER…

  1. bonjour très beau courrier qui appelle un chat un chat..hélas le traite aux français j’en suis sure ne la lira même pas…prenez soin de vous.

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