LA CONFIANCE A BESOIN DE GAGES…  

 

« Cedant Arma Togae »  et la démission de Pierre de Villiers

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 Le Général Pierre de Villiers a démissionné le mercredi 19 juillet. C’est la conclusion, logique, du conflit qui l’opposait au Président de la République. Dans une démocratie « les armes cèdent à la toge »[1]. Mais, cette décision extraordinaire, car c’est la première fois depuis 1958 qu’un chef d’Etat-major des armées démissionne, est loin de mettre fin au conflit qui oppose les forces armées à notre Président. Cette démission entache le quinquennat d’Emmanuel Macron de manière indélébile.

La démission du Général de Villiers est logique. Il le dit lui même dans le texte du communiqué qui a été diffusé le mercredi 19 juillet : « Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. Par conséquent, j’ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l’a acceptée ». Mais, la phrase qui précède est tout aussi importante : « Dans le plus strict respect de la loyauté, qui n’a jamais cessé d’être le fondement de ma relation avec l’autorité politique et la représentation nationale, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de leur faire part de mes réserves, à plusieurs reprises, à huis clos, en toute transparence et vérité ».

On connaît l’origine du conflit : les 850 millions que le gouvernement, et donc le Président, entendent prélever sur le budget de la Défense. Or, le budget, avant ces coupes sombres, était déjà notoirement insuffisant, ce que Emmanuel Macron avait lui même reconnu. Le Général de Villiers s’est exprimé sur ce sujet devant la Commission aux Forces Armées de l’Assemblée Nationale. C’était son droit, c’était même son devoir. En tant que chef d’Etat-major des armés, il doit dire quand il considère que des coupes budgétaires mettent en péril la capacité des forces armées à remplir leurs missions. Ce n’est pas lui qui a porté « sur la place publique » ce débat. C’est ce que le Général de Villiers rappelle dans la seconde phrase citée.

Le fait que le Président ait pris la déclaration du Général Pierre de Villiers devant cette Commission pour un acte contestant son autorité, alors qu’il s’agissait de l’exercice normal de la démocratie, nous en dit long – et même très long – sur le caractère et l’irascibilité du chef de l’Etat. Ce fait nous en dit aussi beaucoup sur son respect des procédures démocratiques les plus élémentaires.

Le chef d’Etat-major des armées ne se faisait visiblement aucune illusion sur la suite des événements. En témoigne un court article qu’il a posté sur la page Facebook du Chef d’Etat-major, et intitulé « Confiance » [2]. Ce texte commence par un éloge appuyé du Général Delestraint, inspirateur et ami du Général de Gaulle, chef de l’armée secrète sous l’occupation, et qui périt en déportation. Il dit deux choses très importantes. La première concerne la confiance : « La confiance, c’est le refus de la résignation. C’est le contraire du fatalisme, l’antithèse du défaitisme… » Cela montre la nécessité de cette confiance. Et il montre l’importance de la confiance en soi, qui se construit dès l’enfance. La seconde, non moins importante, concerne ceux à qui on peut faire confiance, c’est la confiance en autrui. Cette confiance est nécessaire car un commandant, ou tout autre responsable, ne peut tout par lui même ; il doit avoir confiance envers , tant ses subordonnés, que ses supérieurs. Et il conclut par une mise en garde contre la confiance aveugle : « Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité. Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi. La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages. Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte ».

Ces mots sont importants. Ils ont un sens précis dans l’institution militaire. Au-delà, ils font écho à l’un des attendus du Procès de Nuremberg contre les dignitaires nazis, qui avait rejeté l’excuse d’obéissance sous prétexte que cette dernière ne saurait être aveugle. C’est en réalité le propos du Général de Villiers.

Cette mise en garde vise tout autant les militaires (qui ne doivent pas se réfugier derrière l’excuse d’obéissance) que les civils. Et c’est ici que l’on touche à la tension qui existe dans l’aphorisme romain « les armes cèdent à la toge ». L’historien du Droit Mario Bretone, dans son grand livre sur l’histoire du droit à Rome [3], à propos de la loi d’investiture de l’empereur Vespasien, note que : « la subordination du souverain à l’ordre légal est volontaire, seule sa ‘majesté’ pouvant lui faire ressentir comme une obligation un tel choix, qui demeure libre » [4]. De fait, l’empereur réunit dans ses mains tant la potestas que l’auctoritas. S’y ajoute l’imperium, que détenaient avant lui les magistrats républicains.

La phrase de Mario Bretone ouvre une piste [5]. Quand il écrit, « seule sa ‘majesté’ pouvant lui faire ressentir comme une obligation » cela peut signifier qu’un empereur qui violerait les lois existantes pour son seul « bon plaisir » et non dans l’intérêt de l’État, perdrait alors la « majesté » qui accompagne l’imperium. Dans ce cas son assassinat deviendrait licite car le « dictateur » se serait mué en « tyran ». Et l’on sait que nombre d’empereurs sont morts assassinés, ou ont été contraints de se suicider. On pense entre autres à Néron ou à Caligula. On voit ici que les armes ne cèdent à la toge qu’à la condition que cette dernière soit digne, soit recouverte de la « majesté », un mot qui a un sens profond dans le latin juridique de l’Empire.

Il ne s’agit pas de transposer directement des coutumes de la Rome antique dans les institutions de la France du XXIème siècle. Néanmoins, on comprend, à lire le Général de Villiers, que si les gages de la confiance ne sont pas donnés, cette confiance ne saurait être accordée, et le principe d’obéissance du militaire au civil pourrait donc être révoqué. Et ces gages ne sauraient être uniquement financiers. La relation de confiance, qui est une relation essentiellement politique apparaît comme brisée.

Cela nous met en face d’une situation particulière qui découle de cette crise opposant le Général de Villiers au Président Macron. Pour la première fois, depuis fort longtemps, se pose donc la question de la « dignité » ou de la « majesté » du premier magistrat de la République. On voit ici que cette crise a partie lié aux déclarations scandaleuses du Président Macron à propos de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Cette crise découle directement du comportement d’Emmanuel Macron, depuis sa récente élection.

Il dépend de lui de mesurer rapidement l’ampleur des dégâts qu’il a commis, et de fournir les gages qui permettront à l’ensemble de la Nation, et donc à ses forces armées, de reconstruire une relation de confiance. Car, ce que le Général de Villiers appelle la confiance n’est rien d’autre que la légitimité, un principe sans lequel il n’y a plus de démocratie [6]. S’il manquait à le faire, il ouvrirait de fait une période de grande incertitude quant au fonctionnement des institutions, y compris le mandat présidentiel qui pourrait, dès lors, s’en trouver dès lors abrégé.

Source : Jacques Sapir/Russeurope

[1] Ou Cedant arma togae, première partie d’une citation de Cicéron, De Officiis (Des Devoirs), I, 22

[2] https://www.facebook.com/notes/chef-détat-major-des-armées/confiance/1548451188570705/

[3] Bretone M., Histoire du droit romain, Paris, Editions Delga, 2016

[4] Bretone M., Histoire du droit romain, op.cit., p.216.

[5] Sapir J., (Avec B. Bourdin et B. Renouvin) Souveraineté, Nation et Religion – Dilemme ou réconciliation ?, Paris, Le Cerf, 2017

[6] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016

Voir aussi : https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2017/07/14/les-oiseaux-de-mauvais-augure-avaient-raison/

https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2017/06/24/larmee-une-variable-dajustement/

 

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IL DEVRAIT TOURNER SA LANGUE DANS SA BOUCHE…

Monsieur Macron, vous savez humilier mais vous manquez d’humilité !Capture

« Comediante, tragediante » les mots de Pie VII en direction de Napoléon Ier iraient comme des gants à Emmanuel Macron. Non en raison d’une quelconque ressemblance entre les deux hommes, le second n’ayant ni Arcole, ni Austerlitz, ni même rien du tout à son actif, sinon une élection étonnamment facilitée par les circonstances et les amis, mais parce que le Président de la République est avant tout un homme de théâtre. Après son discours pour la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, le constat s’imposait : la diction était parfaite, les liaisons assurées, les intonations d’une justesse sans faille, et l’émotion savamment maîtrisée jusqu’à déborder à l’évocation des enfants martyrs. Sans mettre en doute la sincérité, soupçonner le cynisme, on peut s’inquiéter d’une perfection de la forme, d’une complaisance à soi de l’homme, des regards vers l’auditoire pour s’assurer de l’effet, qui font naître l’idée que le Président élu est peut-être plus soucieux de son image auprès du public que de l’intérêt supérieur de la patrie, comme aurait dit De Gaulle. Car lorsqu’on analyse le contenu du discours, le jugement est plus sévère.

Deux questions franco-françaises ont été évoquées. La première était celle de la responsabilité de la France dans la déportation de Juifs entre 1940 et 1944 sur le territoire national. L’insistance du Président de la République à accuser la France en prétendant détenir la vérité à ce sujet est d’autant plus condamnable qu’il a évoqué le mutisme du Général de Gaulle pour l’opposer aux trois derniers présidents, en faisant de Mitterrand un intermédiaire puisqu’il se refusait à incriminer la République, c’est-à-dire, selon lui, la continuité française mais avait institué cette commémoration. La thèse gaulliste repose sur une idée simple : la vraie France n’était pas à Vichy, mais à Londres puis à Alger. C’était la France Libre, la France combattante. Dès Juin 1940, la France a continué à brûler dans quelques cerveaux hardis qui se faisaient une certaine idée de leur Nation, inséparable de l’honneur et de la grandeur. N’en déplaise à l’historien amateur qui habite l’Elysée, ce sont eux qui ont assuré la continuité française. C’est la participation du pays à la victoire et le rétablissement de la légalité qui le prouvent. Prétendre que Vichy était la France, insister sur les liens entre la IIIe République et l’Etat Français, fondés sur le racisme et l’antisémitisme, sont des déformations idéologiques qui légitiment la repentance et salissent le pays. En Juin 1940, des jeunes de 18 ans, comme Yves Guéna et Robert Galley franchissaient la Manche pour poursuivre la guerre, ce qu’ils font dans la IIe DB du Général Leclerc. Celui-ci, échappant deux fois aux Allemands, rallie Londres en passant par le Portugal, fait ensuite basculer l’AEF, où il est envoyé, dans le camp de la France Libre, aux côtés de Félix Eboué. Le Préfet Jean Moulin, le capitaine de corvette  Honoré d’Estienne d’Orves, celui qui ne croyait pas au ciel et celui qui y croyait, refusent la défaite et la soumission à l’Allemagne nazie ! Ces exemples sont-ils enseignés aux jeunes Français pour qu’ils en tirent l’exemple du courage et de la dignité, pour qu’ils y puisent la foi dans leur pays ? Non, on préfère étaler l’image ignoble ou sordide de la collaboration, celle de Paris, celle de Vichy.

Cette vision des choses n’élude nullement la monstruosité de la Shoah. Celle-ci doit être connue et reconnue. Elle ne peut être évoquée sans susciter la compassion et la solidarité à l’égard des Juifs, sans conforter l’idée qu’un peuple doit pouvoir bénéficier d’un territoire souverain aux frontières reconnues qui protège ceux qui souhaitent y vivre. Le souvenir du Vel d’Hiv n’accuse pas la France, encore moins tous les Français. Il ne prouve nullement la persistance du racisme ou de l’antisémitisme dans notre pays. Il est intellectuellement malhonnête de le prétendre. L’idéologie antisémite existait dans la société français d’avant 1940. Elle n’y était pas dominante et n’était pas au pouvoir. C’est la défaite qui lui a permis d’y accéder, sous deux formes, celle des doctrinaires, des écrivains, des journalistes, des collaborationnistes de conviction, qui n’étaient pas très nombreux et celle beaucoup plus répandue des opportunistes, des conformistes, des carriéristes qui encombraient le régime de Vichy. Bousquet ou Papon étaient-ils antisémites ? Même pas, sans doute. Ils faisaient carrière dans un milieu que M. Macron connaît bien, celui de la Haute Administration, où l’arrivisme n’est pas absent. Sans doute est-ce la leçon à tirer du Vel d’Hiv. Le pays est écrasé. Plus d’un million d’hommes sont prisonniers. Les autres doivent survivre, poursuivre leur travail, faire vivre leurs familles, et se soumettent au nouvel ordre. Tous ne le font pas avec zèle. D’autres en profitent. Certains, de plus en plus nombreux désobéiront. Condamner la France en laissant croire qu’elle est toujours la même, que l’antisémitisme d’aujourd’hui a partie liée avec celui d’hier, est un double mensonge.

La participation de l’administration et de la police françaises à la déportation sont des faits. Elles obéissaient à un pouvoir soumis à l’étranger, « nul non avenu » comme disait De Gaulle. Il ne sert à rien d’accuser notre pays même par démagogie envers une communauté. Il est infiniment plus utile d’apprendre à respecter les personnes de cette communauté pour ce qu’elles ont souffert et aussi pour tout ce qu’elles ont apporté à l’humanité. Il est surtout plus essentiel d’apprendre à chacun qu’il est responsable de ses choix et de son destin. Si la France n’est pas coupable, des Français l’ont été, et parfois par médiocrité. Mais d’autres ont fait le sacrifice de leur vie pour combattre le mal. Ils ont été la Résistance. On a tendance à les oublier !

La seconde question est donc celle de l’antisémitisme. Celui d’aujourd’hui, qui a sans doute coûté la vie à Sarah Halimi, n’a rien à voir avec celui des années 1930-1940. Ce dernier reposait sur deux axes, à droite, un sentiment de rejet nationaliste à l’encontre d’une confession, d’un groupe doté d’une forte identité et, à gauche, un préjugé social envers des gens suspectés de s’enrichir facilement. Le premier n’est plus qu’un vestige. Maurice Barrès y avait déjà renoncé en 1917 devant le sacrifice des soldats français « israélites » comme on disait alors. Il place alors le Judaïsme dans les « Grandes Familles Spirituelles de la France ». Le second est plus vivace et trouve un terrain favorable chez des immigrés musulmans. C’est lui qui explique l’assassinat barbare d’Ilan Halimi. L’argument antisioniste qui tente de le justifier parfois est également nouveau. La confrontation entre Israéliens et Palestiniens retentit chez nous en raison de la présence d’un grand nombre de personnes d’origine arabe ou de confession musulmane qui se sentent solidaires des Palestiniens. Cette situation est totalement différente de celle qui prévalait en 1942. Vouloir y voir une résurgence masquée par l’antisionisme revient à cacher la vérité en noyant deux problèmes distincts dans la confusion. L’intention est maligne : la France coupable d’antisémitisme hier serait coupable aujourd’hui du racisme à l’égard de ceux qui trouvent dans l’antisionisme un exutoire à leurs frustrations ! Double peine pour le pays ! En conceptualisant à grands traits suivant son habitude, M. Macron fait de la repentance un système. Cela lui permet d’éviter le vrai problème : celui de l’immigration musulmane, de son importance, des difficultés de son assimilation, et des conséquences qui en résultent. Le risque d’afficher son judaïsme dans certains quartiers ne tient pas à une politique, mais à des pressions sociales que la politique ne maîtrise plus. En accusant la France, le Président se dédouane à bon compte !

Autoritarisme excessif à l’égard du Chef d’Etat-major des Armées, outrecuidante présomption à se faire le maître de la vérité historique, méconnaissance de l’indépendance du pouvoir législatif et de l’autorité judiciaire, accusations répétées envers le pays dont il est le Chef d’Etat, à propos de la colonisation ou de la déportation, voilà qui est bien surprenant de la part d’un homme jeune dénué d’expérience et auquel la France, jusqu’à présent, ne doit rien. N’étant pas encore rentré dans l’histoire, un peu de modestie lui siérait davantage !

 Source : Christian Vanneste

Note de Citoyen Indigné : on trouve dans la Bible, attribuée à Salomon, la forme suivante : « Le sage tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ». Autant dire que l’idée du sage qui réfléchit avant de parler remonte à loin dans le temps. (Source : les expressions françaises décortiquées) Ce qui d’évidence n’est pas le cas de Macron…

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QUI C’EST LE PLUS GRAND, QUI C’EST LE PLUS BEAU ? C’EST TOI SIRE…  

 

 Séjour éducatif de Trump à paris

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Le séjour en France des époux Trump  fut un grand et bénéfique moment!

Il faut reconnaître à notre jeune président des initiatives appréciées et une maîtrise remarquable, aussi bien dans le menu des cérémonies que dans leur organisation.

Résultat, un déroulement sans faute ni contretemps. Un défilé impeccable

(pour la première fois Polytechnique marchait au pas, sans désinvolture ni contre-pied !) À croire que les répétitions s’étaient faites sous contrôle du

 » chef des Armées », en personne. De grands moments d’émotion sous un ciel très clément, particulièrement en fin de manifestation avec les deux larges drapeaux, tricolore et étoilé, déployés sur la place de la Concorde. Tout un symbole..

Emmanuel Macron a apparemment séduit son invité avec les fastes républicains et le décor royal des Invalides. Décidément l’héritage grandiose de Louis XIV, marqué en outre de l’aura Impériale, aura bien servi la diplomatie macronienne du début de mandat! De son propre et modeste aveu, le président indique par voie de presse ce dimanche que son ami commence même à balancer sur le climat, résultat d’une météo radieuse entre eux, et du  concours posthume du Roi Soleil

Le président américain habitué aux parades de pom-pom girls et défilés colorés mais souvent contestataires, a sûrement goûté le spectacle tout en regrettant que la tradition des États-Unis ne concurrence pas celle de son petit allié et nouvel ami européen. Seul , mais immense réconfort, la puissance militaire des USA se démontre autrement que par une exhibition annuelle, laquelle selon le général de Villiers, visage fermé sur le «command-car» à côté de son «Chef », ne représente pas exactement l’état réel de nos forces.

Mais il est une influence singulière de l’environnement et du savoir-vivre français sur le président américain, qu’un regard scrutateur et critique a permis de relever. Il s’agit de la tenue vestimentaire et de son comportement durant les deux cérémonies successives.

Dans la cour des Invalides on a vu un Trump qui déambulait, pas indécis, regard soucieux sur les pavés et veste ouverte sur son abdomen arrondi

.

Y compris lors de l’hymne national, la main sur le cœur et la cravate en bataille. Le lendemain à la tribune, l’homme se tenait droit, l’air altier, et surtout la veste boutonnée! Le débraillé yankee avait disparu!

Est-ce le protocole de l’Élysée ou Macron soi- même qui lui a rappelé les exigences de l’apparat, le résultat est là.

Merci la France, peut dire désormais l’Amérique! 

Source : Henri gyzardin :Chroqueur 34

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LES OISEAUX DE MAUVAIS AUGURE AVAIENT RAISON

Défense : « La messe technocratique des coups de rabot », déplore Éric Zemmour

BILLET – Le gouvernement a annoncé une réduction de 850 millions d’euros du budget de la Défense pour 2017. Un sacré coup de bambou à la veille du 14 juillet.

 

 Dans Les Échos (daté 13 juillet), le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers a réagi violemment à l’annonce par le gouvernement d’une réduction du budget de la Défense (il aurait juré qu’il ne se fera pas « baiser » par Bercy). « Les oiseaux de mauvais augure avaient raison. Ils avaient estimé que le départ de Jean-Yves Le Drian, qui avait régné sur le ministère de la Défense pendant tout le quinquennat Hollande, n’était pas une bonne nouvelle », note Éric Zemmour.

« Entre des militaires, qui ont le devoir de se taire, et leur ministre, qui est contrainte de parler pour ne rien dire, la messe est dite », lâche le journaliste. « Une messe déjà célébrée sous Hollande, sous Sarkozy, et même sous Chirac : la messe technocratique des coups de rabot », poursuit-il. « Une messe des économies budgétaires sur le dos de la Grande Muette, qu’on envoie aux quatre coins du monde – et en particulier de l’Afrique – pour faire parler de soi et faire croire que la France est encore une grande puissance« , déplore Éric Zemmour.

Source : Eric Zemmour/RTL

Voir aussi: https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2017/06/24/larmee-une-variable-dajustement/

LA RÉDACTION VOUS RECOMMANDE

 

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LE MUR DU CON FRANCHI PAR INADVERTANCE

Climat et radicalisation: les obscénités de la communication

Lors de la clôture de la réunion du G-20 à Hambourg, le 8 juillet, Emmanuel Macron a déclaré qu’«on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique» [1]. Cela surprend, et déclenche une belle polémique sur Twitter. Luc Ferry, plagiant le Canard Enchaîné parle du franchissement du mur du Con. En fait, si Emmanuel Macron s’en était tenu à son propos initial, et il souhaitait parler du développement de l’Afrique, cela aurait été parfaitement admissible. Mais, il a voulu associer à cette question celle du terrorisme, dont il ne pouvait ignorer combien elle était sensible en France, pays lourdement touché depuis 2015. Ce faisant, il a délibérément créé la polémique.

Le journal Libération vole au secours du Président et cherche à montrer que la Président n’a pas tort, et que l’on peut relier la montée du terrorisme (de manière globale) au dérèglement climatique [2]. Ce faisant, il enfonce en réalité un peu plus Emmanuel Macron (qui n’en demandait sans doute pas tant) car il renforce l’idée que, dans l’esprit du Président il y a bien eu une association « migrants = terroristes ».

Il est ici intéressant de revenir sur ce nouveau dérapage d’Emmanuel Macron. Ce dernier en est coutumier ; on se souvient de sa phrase, à tout le moins sur ces gens « qui ne sont rien », ou ses remarques plus anciennes sur l’alcoolisme des gens du Nord, ou l’illettrisme des salariés du volailler GAD. Cela commence à faire beaucoup, et il convient de chercher à décrypter ce nouveau dérapage, car il nous éclaire sur le mode de raisonnement du Président.

 Une déclaration malencontreuse

Prenons la déclaration au pied de la lettre. Elle équivaut à vouloir lier le terrorisme au réchauffement (et en réalité au dérèglement) climatique. Ce faisant, on évacue totalement la dimension de l’islamisme. On voit bien ce que visait ici Emmanuel Macron. Soucieux de ne pas se faire isoler par le rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur fond de lutte anti-terroriste, soucieux aussi de remettre en avant la question du dérèglement climatique, il se décide à associer les deux.

Que des troubles politiques soient liés à des épisodes climatiques n’est pas nouveau. Il en fut ainsi de 1789, et avant, des révoltes frumentaires avaient été liées au dérèglement du climat à la fin du règle de Louis-XIV, ce que l’on appelle le « petit âge de glace ». Mais aucun historien sérieux n’établirait de lien causal direct entre la Révolution et les évènements climatiques. De même au Moyen-Orient, que les dérèglements climatiques aient pu provoquer une montée du mécontentement est plus que probable, même si d’autres causes (la Syrie connaissait un début de croissance qui avait été cassé par la crise financière de 2007-2009) ont certainement joué. Mais, cela n’explique en rien pourquoi ce mécontentement s’est métamorphosé en une poussée violente de l’islamisme le plus radical. Vouloir ici faire un lien direct, et dominant, est une stupidité qui ignore les responsabilités américaines[3], aujourd’hui bien établie, dans la naissance de DAECH, et les responsabilités à plus long terme des puissances occidentales dans la destruction du nationalisme arabe, qui était porteur d’une forme de sécularisation de ces sociétés, et dans la promotion indirecte de l’idéologie islamiste la plus réactionnaire.

Vouloir aujourd’hui chercher à expliquer le terrorisme islamique sans aucune référence à l’islamisme relève d’une politique de déni et de négation de la réalité. Et Libération se ridiculise en reprenant cette thèse.

Cette attitude ne peut qu’inquiéter de la part du Président de la République. Sur cette question du terrorisme il est clair que c’est déni partout et courage nulle part.

 Une politique de la désinformation

La déclaration du Président est ainsi condamnable, non pas parce qu’elle ne contient aucun élément de vérité, mais parce qu’elle se concentre sur un fait mineur pour ne pas parler d’un fait majeur. D’ailleurs, que l’on sache, l’économie française n’a pas été affectée par les problèmes de l’économie syrienne, ou irakienne, et pourtant c’est de notre société, en lien avec des milieux travaillés par l’islamisme radical, que sont issus les terroristes, qu’il s’agisse de Mohamed Merah, des tueurs de Charlie-Hebdo, de ceux du Bataclan, de celui de Nice et tant d’autres. Le problème des formes d’expression de cet islamisme, qu’il s’agisse de la version salafiste ou de celle des Frères Musulmans est connu depuis longtemps. Ce n’est pas un hasard si l’on parle à leur propos de « prêcheurs de haine ». Cette démarche qui cherche à monter en épingle un fait, certes possible et probable, mais à l’évidence mineur pour ne pas parler d’un fait majeur, porte un nom : c’est de la désinformation.

C’est bien l’islamisme radical qui a fourni les justifications idéologiques et qui a armé les bras des meurtriers et non pas le thermomètre. Il convient de ne pas l‘oublier. L’islamisme radical se développe de manière dramatique depuis maintenant plus de deux décennies, et il n’est nullement lié à des événements climatiques conjoncturels [4]. L’éradication des terroristes viendra avec la défaite et le refoulement de l’islamisme radical, dont la percée est concomitante à la guerre d’Afghanistan dans les années 1970 et à l’aide accordée par les Etats-Unis à cette mouvance à l’époque.

Chercher à induire de la confusion dans l’opinion sur ce point n’est ni digne, ni responsable, de la part d’un Président de la République. Elle revient à instrumentaliser des drames et un problème grave à des fins purement politiciennes de court-terme, et en particulier dans son opposition à Donald Trump. On est dans la communication en ce qu’elle a de pire. On comprend que la forme a entièrement pris le pas sur la substance. C’est grave dans la mesure où si la forme compte, c’est bien la substance qui est décisive. Cela dévalue par avance tout discours qu’Emmanuel Macron pourra tenir sur la question du terrorisme.

 L’obscénité d’une politique de l’émotion

Mais, cette déclaration d’Emmanuel Macron est aussi condamnable pour une autre raison. Indirectement, elle valide l’idée que les migrants sont tous des terroristes en puissance. Alors, que des terroristes se soient glissés dans les rangs des migrants est à l’évidence une réalité. Mais, dire que l’on peut dresser un signe d’égalité entre les migrants et le problème climatique, et le terrorisme, c’est jouer sur les réflexes les plus xénophobes de la population française et c’est odieux. Et il convient de rappeler que cela va au-delà de ce qui est reproché à des partis, qu’il s’agisse du Front National ou de Debout la France, qui insistent sur le risque de pénétration à l’occasion de la vague migratoire, risque aujourd’hui avéré, par des terroristes revenant de Syrie et d’Irak.

Emmanuel Macron, ou plus précisément les gens qui lui écrivent ses discours, est persuadé que l’empathie – normale et légitime – envers les souffrances des migrants (dont les réfugiés de Syrie et d’Irak ne représentent que moins de 15%) peut bloquer cette xénophobie. Sur ce point, il se trompe.

Il convient de dire ici qu’il y a deux scandales symétriques : celui de traiter aussi mal ces personnes, en se contentant de les chasser dès qu’ils se concentrent en un lieu et en leur refusant eau et nourriture, et celui de les laisser arriver. Et, justement, si l’on veut pouvoir traiter des migrants avec la dignité que la nature humaine exige, il faut absolument en contrôler le nombre. Sur ce point, l’humanité ne découle pas de l’émotion. Or, on devine, à écouter Emmanuel Macron, qu’il a décidé de faire la politique de l’émotion, jouant tantôt sur la compassion et tantôt sur la peur, alors que son rôle est de faire la politique de la raison. Et c’est en cela, fondamentalement, que sa déclaration n’est pas seulement fausse, n’est pas seulement condamnable, mais qu’elle apparaît pour ce qu’elle est : une obscénité.

Le plus charitable eut été de traiter cette déclaration par le silence. On ne s’abonne pas à l’intelligence comme on s’abonne à un magazine : Emmanuel Macron nous en donné la preuve. Mais, qu’un journal comme Libération cherche à voler à son secours, et le fasse aussi maladroitement, laisse pantois. Si, dans se rédaction, il ne restait qu’une once de bon sens, une once de dignité, cet article aurait aller directement à la poubelle (de l’histoire…). Qu’il n’en ait rien été est la preuve que l’attrait des subventions publiques a, depuis longtemps, fait sauter tous les verrous, toute la décence.

Source : jacques Sapir

Notes

[1] (https://twitter.com/BFMTV/status/883694855662297089

[2] http://www.liberation.fr/planete/2017/07/09/non-le-lien-etabli-par-macron-entre-climat-et-terrorisme-n-est-pas-inepte_1582657

[3] Voir le livre du Général Vincent Desportes, Le piège américain, Paris, Économica, 2014, et la déclaration du Général Desportes : http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20141215/etr.html#toc7 (p.13 sur 28 pages). Il dit précisément : « Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a

des conséquences : ce sont les Etats-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis. »

[4] Voir la déclaration du général Gomart, directeur de la DRM, à la Commission de la défense nationale et des forces armées le 25 mars 2015, http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cdef/14-15/c1415049.asp

 

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LA FRANCE EN MODE EFFONDREMENT

L’échec d’une politique

Alors que le G-20 de Hambourg se termine, et après les deux discours d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, le premier au Congrès et le second devant l’Assemblée Nationale, l’ampleur de l’échec à venir de la Présidence Macron se dessine. Ce n’est pas un point anecdotique, et il ne peut s’agir d’un constat réjouissant, mais c’est un fait : ce Président, élu sur un malentendu et appuyé sur une majorité elle-même probablement la plus mal élue de la République, va plonger la France dans une crise profonde.

Une diplomatie ingénieuse mais perdante

Reprenons la chronologie. A Hambourg, Emmanuel Macron, et avec lui la France, a été inaudible. Bien entendu, la première rencontre personnelle entre Donald Trump et Vladimir Poutine a concentré l’attention. Mais, au-delà, la France n’a pu faire entendre sa voix. Cela confirme un constat que l’on pouvait déjà tirer après l’échec personnel pour Emmanuel Macron qu’avait représenté le sommet européen des 22 et 23 juin. Il y avait été incapable de faire prendre en compte des revendications, que l’on peut trouver restreintes et qui constituaient le socle minimal des demandes françaises, à ses collègues de l’Union européenne.

La stratégie d’Emmanuel Macron se déploie en deux temps. Dans le temps diplomatique, il entend jouer les intermédiaires, les « go between » pour reprendre le titre d’un grand film de Joseph Losey, entre Donald Trump et Angela Merkel, afin de bâtir un rapport de force vis-à-vis de l’Allemagne. C’est le sens de l’invitation qu’il a adressée au Président des Etats-Unis, invitation que ce dernier a acceptée, à venir assister avec lui au défilé du 14 juillet. Ce n’est pas une mauvaise idée, n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon sur ce point mal inspiré, mais il est clair que cela n’aura que peu d’effets. Donald Trump, dont on dit souvent que le comportement est erratique, poursuit en réalité une politique claire de défense des intérêts de son pays. Et cette politique est aujourd’hui contradictoire avec celle de l’Allemagne. Ce n’est pas une place dans la tribune d’honneur qui y changera quelque chose, quoi qu’en dise certains journalistes. Angela Merkel, qui affronte avec sérénité des élections au mois de septembre prochain, n’a nullement l’intention, ni la volonté, de faire la moindre concession que ce soit à Donald Trump ou, indirectement, à Emmanuel Macron. En effet, aujourd’hui le cadre de l’UE de la zone Euro fonctionne à plein pour les intérêts des entreprises allemandes. Elle n’acceptera des changements que contrainte et forcée.

Quand Macron imite la « force des forts »

Sans doute inquiet de la tournure prise par le volet diplomatique de sa stratégie, Emmanuel Macron a décidé de mettre en œuvre un volet interne. C’est le sens du discours d’Edouard Philippe, mardi 4 juillet, devant l’Assemblée Nationale. Prenant prétexte de la « découverte » par la Cour des Comptes d’un trou de 9 milliards dans les estimations budgétaires, il a décrété un tournant austéritaire, un de plus, pour l’économie française. On peut certes s’étonner de la « découverte », quand on se rappelle qu’Emmanuel Macron fut le Ministre de l’économie jusqu’à l’été 2016. Il s’agit bien évidemment d’un prétexte.

En annonçant des coupes importantes dans les dépenses publiques (80 milliards sur 5 ans), le gel du point d’indice des fonctionnaires qui ont pourtant perdu largement en pouvoir d’achat depuis dix ans, et diverses autres mesures dont bien entendu la fameuse réforme du Code du Travail dont les conséquences en matière de pouvoir d’achat serons considérables, Edouard Philippe assume ce tournant austéritaire. Mais, il n’en dit pas la véritable raison.

En fait, ce tournant n’est nullement lié au problème relevé par la Cour des Comptes. Emmanuel Macron est persuadé, et sur ce point on peut lui faire crédit de sa sincérité, que c’est en appliquant cette politique, et en remettant la France dans une orthodoxie comptable (avec le respect strict de la règle des 3% du déficit), qu’il va construire sa crédibilité face à l’Allemagne et à Mme Angela Merkel. Cela revient à croire que c’est en s’imposant une purge amère que l’on peut être pris au sérieux. C’est un raisonnement d’enfant de 10 ans qui se dit, devant cette purge : « les adultes la prennent bien, si j’en suis capable, ils me prendront au sérieux ». Cette logique fut magnifiquement décrite il y a 100 ans par Jack London dans un de ses nouvelles, La Force des Forts [1]. Sauf que la politique internationale n’obéit nullement à ces règles enfantines. Elle implique des logiques d’alliances, avec des pays connaissant les mêmes problèmes que nous, et surtout elle implique que l’on nous croit capable de « casser la vaisselle ».

L’impact d’une purge austéritaire

Cette purge austéritaire va plonger la France dans un nouvel épisode de récession. Il suffit pour le comprendre de lire attentivement les statistiques économiques. Nous vivons aujourd’hui sur un « plateau », lié à l’amélioration du pouvoir d’achat qui s’est manifestée depuis l’hiver 2016. Mais, et les statistiques de l’INSEE l’indiquent clairement, la contraction relative des revenus nominaux associée à une (très petite) poussée d’inflation, va provoquer une détérioration du pouvoir d’achat à partir de la fin de l’année 2017. Si, en 2018, viennent se combiner à cette détérioration les effets des mesures d’austérité décidées par Edouard Philippe et les effets des mesures structurelles, dont celles concernant le Code du Travail, alors la consommation et le revenu disponible des ménages se verront amputés. Cela conduira à une nouvelle période de baisse de l’activité, tout comme la politique de François Fillon, ou le choc fiscal de François Hollande avaient eux-aussi conduit à des baisses d’activités, autrement dit à des hausses, plus ou moins importantes du chômage.

On comprend que les français, dans leur grande majorité, soient plus que circonspects quand aux mesures promises et annoncées par Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Mais, cette circonspection peut très vite se tourner en mécontentement de fond. Or, il faut toujours le rappeler, le Président Macron a été élu sur un malentendu, par défaut, et sa majorité a réuni la plus faible proportion des inscrits par rapport à son nombre effectif de députés. Dans ces conditions, le contexte d’une crise politique grave, d’une crise politique qui pourrait déboucher sur une crise de régime, est d’ores et déjà en place.

L’accumulation de poudre dans la Sainte-barbe du navire France n’implique pas, évidemment, que tout va sauter. Mais, danser dans cette Sainte-barbe avec une torche à la main, ce qui est métaphoriquement ce que font tant Emmanuel Macron qu’Edouard Philippe, et La République en Marche, dont l’attitude à l’Assemblée nationale par son refus du pluralisme mais aussi de par l’inexpérience de nombreux de ses députés, pose un véritable problème à la démocratie, est une attitude profondément malsaine et irresponsable.

Le problème posé aux pays de la Zone Euro et de l’Union européenne par la politique allemande est une réalité. Plutôt que d’imaginer que ce soit par l’imitation, voire par l’apaisement – oh mânes de Daladier et Chamberlain à Munich – que l’on pourra faire modifier le cadre politique qui étrangle tant la France que l’Italie et de nombreux pays d’Europe, il faudrait comprendre que c’est par l’affrontement et le démantèlement volontaire d’une bonne partie de ce cadre que l’on pourra faire changer les choses. C’est là que se situe la cohérence des politiques. Si l’on veut éviter que cela se fasse dans le chaos, il faut mettre en place de manière délibérée et réfléchie ce démantèlement avant que la crise n’éclate. Et l’on sent bien qu’elle couve, que ce soit en France ou en Italie.

Mais, il faut aussi que les oppositions à la politique d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe comprennent que, au-delà de divergences et d’oppositions qui peuvent être légitimes, elles ont aussi une responsabilité dans la situation actuelle. Car, la force du pouvoir d’Emmanuel Macron tient bien plus à la faiblesse et à l’impuissance politique de ses opposants qu’à une quelconque adhésion de la part des Français.

[1] London J. : Les Temps Maudits, publié en français par 10-18 / UGE, Paris ; la nouvelle La Force des Forts ouvre ce recueil.

Source : jacques Sapir

 

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ET LA CAPTATION DE LA BÊTISE ???

Appropriation culturelle : « Rien ne peut justifier les apartheids », tonne Anne Rosencher.

BILLET – La journaliste s’attarde sur un sur un concept qui nous vient des États-Unis, et dont nous pourrions entendre beaucoup parler : l’appropriation culturelle.

« Vous ne connaissez pas la notion d »appropriation culturelle’ ? C’est que vous ne lisez pas la presse féminine, où le terme est utilisé à longueur de pages comme s’il s’agissait d’un acquis du brevet des collèges« , lance Anne Rosencher, qui rappelle que cette notion est un concept selon lequel les membres de la « culture dominante » ne doivent pas utiliser les codes d’une culture minoritaire, car cela constitue une oppression et spoliation.  « Cas pratique : il y a quinze jours, la chanteuse pop mondialement célèbre Katy Perry a dû se fendre d’un mea culpa public, avec sanglots dans la voix, pour avoir osé arborer une natte africaine dans son dernier clip« , raconte la journaliste.

« Dans son mea culpa, la star a déploré avoir vécu jusque-là dans l’ignorance de cette spoliation capillaire », explique Anne Rosencher. « Une amie m’a expliqué ce qu’il en était du pouvoir de la coiffure africaine et à quel point elle est belle et a compté dans la lutte, a déclaré la chanteuse. Et je ne pourrai jamais comprendre ces choses, à cause de ce que je suis. Mais je peux m’éduquer« , a poursuivi la pop idole contrevenante. « La prochaine fois, elle n’aura qu’à se choisir une culotte de peau et des nattes tyroliennes ! », clame la journaliste.

« Le problème avec les concepts à la noix, c’est que si leur absurdité et leur radicalité peut faire un peu rire,  il y a toujours de vrais partisans pour vouloir les imposer », s’inquiète Anne Rosencher, qui raconte qu’une délégation spéciale travaillant sur le thème a officiellement demandé aux Nations Unies d’interdire l’appropriation culturelle pour les entreprises. « Pour ma part, je pense que rien ne peut justifier les apartheids, même les apartheids branchés des redresseurs de torts« , conclut-elle.

Source: RTL

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VU SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

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Si oui, l’intelligence est fortement frelatée…

 

animaux

L’homme est un coq, il aime vivre sur un tas de  merde…

A propos de pillards de la République…

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février

Orson Wells

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parlement

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Quelqu’un peut me réexpliquer le grand principe d’égalité ?…

VOIR

droits

Quand est ce qu’on se réveille ?

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Pris dans une tempête, porté disparu…

armes

On appelle ça le syndrome des pays riches…

 

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A une époque, les belges pratiquaient aussi de cette manière, d’après ce qu’il m’avait été rapporté….

 

génocide

Papa c’est quoi un génocide?

homme

Si c’est Dieu qui le dit lui-même, je n’oserai en aucun cas dire le contraire….

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MERCI DE ME CONFIRMER, CE QUE J’AI COMPRIS DEPUIS UN MOMENT.

 

Emmanuel Macron, « il vous fait les poches », dit Alexis Corbière aux retraités.

Le député de La France insoumise a estimé dimanche que la hausse de la CSG allait impacter gravement les pensions de retraite. Une honte, selon lui.

 SOURCE AFP

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La France insoumise privilégie une baisse d’impôts pour les contribuables de la classe moyenne, et une hausse de la participation des contribuables aisés. © Citizenside/ patrice pierrot

Alexis Corbière ne mâche pas ses mots contre Emmanuel Macron. Dimanche, le député La France insoumise a fustigé l’augmentation de la CSG et la baisse de l’ISFqu’envisage le gouvernement d’Édouard Philippe. Allant même jusqu’à affirmer qu’il trouvait « honteux » que le président de la République fasse « les poches » aux retraités. « Je dis que quand on a bossé toute sa vie, qu’on gagne 1 300 euros par mois, vous augmentez la CSG, c’est dégueulasse, surtout que les mêmes qui font ça expliquent qu’il faut baisser l’ISF », a ainsi affirmé dimanche sur LCI le député de Seine-Saint-Denis.

La réforme de l’ISF, reportée à 2019, avait été promise par le président de la République pendant sa campagne. Il voulait transformer l’ISF en « impôt sur la fortune immobilière » (IFI), en sortant le patrimoine mobilier, l’épargne ou les placements financiers du périmètre de cet impôt emblématique, ce qui pourrait entraîner un manque à gagner de deux milliards d’euros pour les finances publiques. La Contribution sociale généralisée (CSG) va elle augmenter de 1,7 point dès 2018, afin de compenser la suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie et l’assurance chômage censée redonner du pouvoir d’achat à plus de 20 millions d’actifs.

« Ils se font avoir ! »

« Ce qui me choque, c’est avoir pour idée de baisser une partie de l’ISF, donc un cadeau pour les plus riches, mais en même temps augmenter la CSG pour nos anciens, notamment les gens qui ont une pension au-dessus de 1 200 euros par mois (…). C’est honteux, immoral, scandaleux », a lancé ce lieutenant de Jean-Luc Mélenchon. « Si vous avez voté Macron, pour les anciens qui nous regardent, il vous fait les poches, et c’est honteux ! », a-t-il insisté. « Pour les retraités, c’est donne-moi ta montre, je te dirai l’heure ! Ils se font avoir ! Les fonctionnaires pareil ! », a asséné ce député.

Pour lui, les classes moyennes, « les gens qui gagnent 3 000 euros par mois (…) sont extrêmement sollicités sur le plan fiscal, ils en prennent plein la figure », notamment « dans les grandes agglomérations ». La France insoumise est « pour une révolution fiscale. Notre système fiscal n’est pas juste (…). On avait une réforme fiscale qui disait que ceux qui gagnaient 4 000 euros par mois, par personne, devaient avoir une fiscalité légèrement à la baisse, et au-dessus, on l’assumait totalement, 5 000-6 000 euros, les plus riches, devaient être un peu plus sollicités », d’après lui.

Source : Le point politique

Note de citoyen indigné : Parce que ça fait un bail que mon pouvoir d’achat se réduit, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année. Et que quand tu deviens retraité, tu deviens dépendant de cette bande de voleurs, de tricheurs…. Qui tiennent ton devenir dans leurs pognes… Alors que ce pays, nous avons largement contribué à le construire, que les moyens dont ils disposent aujourd’hui, qu’ils dilapident à l’envi, c’est nous qui leur avons mis à disposition, c’est notre travail, notre sueur, nos efforts, nos choix, alors oui c’est une honte, oui ! C’est du vol en bande organisée… C’est de l’abus de faiblesse, parce que tu ne vas pas demander à nos vieux de descendre dans la rue et de tout casser, ce qui est pourtant le seul langage que cette bande de lâches comprend… La vermine, la racaille, elle n’est pas là où on le pense le plus souvent. Elle est là haut, dans les arcanes du pouvoir.

 

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LES PILLARDS DE LA RÉPUBLIQUE POURSUIVENT LEURS RAZZIAS

Coup de balai macronien dans les assemblées républicaines !

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Je le confesse, j’ai appris une chose importante, voire primordiale, lors du discours devant le Congrès. Le CESE (Conseil Économique, Social et Environnementalest l’une des trois assemblées constitutionnelles de la République !

Ne jouez pas les érudits ou citoyens hyper branchés, je suis persuadé que je n’étais pas le seul dans cette ignorance crasse. Pour les fouineurs évidemment, qui  avaient déjà entendu parler de ce machin…

Le Président entend réformer cette institution, c’est-à-dire, si j’ai bien compris, lui assigner de faire ce pourquoi elle existe, c’est à dire « favoriser le dialogue entre les différentes composantes de la société civile organisée et qualifiée en assurant l’interface avec les décideur.euse.s politiques. » Il prétend aussi permettre aux pétitions citoyennes d’être reçues et entendues. Rappelons-nous le rejet en 2013 des 690000 voix des opposants au mariage pour tous, par un certain Delevoye, alors président  de cette haute institution, et devenu depuis le grand pourvoyeur de députés (ées) de LREM.

Pour les curieux tardifs, je reviens en bref sur la constitution de ce CESE de 233 membres qui sont désignés par diverses instances, étatiques, ministérielles, associatives et syndicales. Une vraie sinécure de 5 ans avec indemnité substantielle, renouvelable une seule fois, consécutivement s’entend. Répartition :

140 membres au titre de la vie économique et du dialogue social.

-60 membres au titre de la vie associative et de la cohésion sociale et territoriale

-33 membres au titre de la protection de la nature et de l’environnement

Le Président entend réduire le nombre de parlementaires d’un tiers, afin que leurs assemblées travaillent mieux ! Sur les 925 , 307 (à 1 près) passeront à la trappe et les hémicycles ramonés présenteront alors respectivement 385 députés et 232 sénateurs.

Bien entendu, ce ne sera pas de gaîté de cœur que ceux-ci scieront la branche en velours cramoisi sur laquelle ils sont assis. Le recours au référendum «  si besoin » sera en l’occurrence, impératif pour ce dégraissage massif en forme de suicide collectif…

Le délestage du CESE sera du même ordre, ce qui s’avérera sans doute plus compliqué ! En effet, priver des anciens syndiqués au chômage, élus déboutés, retraités actifs, associations activistes et autres exfiltrés politiques, des plaisirs de commissions consultatives et de rédaction de rapports circonstanciés, bien que presque tous oubliés, sera cruel. Seront-ce aussi les citoyens qui seront appelés à l’arbitrage ? Si oui, il faudra une sacrée campagne pédagogique préliminaire pour leur expliquer les conséquences d’un choix dramatique!…

Pour ne pas harasser la mule réformatrice, je réserve à une autre publication ce qu’en toute logique cette grande purge devrait entraîner, d’abord sur les 26 CESER, petits frères régionaux de celui du palais d’Iéna, et sur les assemblées régionales, départementales et communales, sans oublier les agglomérations, qui nous valent le record mondial de 1 mandat électif pour 104 habitants !

Bonnes vacances, en attendant l’enclenchement de ces réformes fondamentales qui ne semblent pas inscrites au dernier registre des priorités annoncées.

Source : Henry Gizardin/Chroqueur34

Note de Citoyen Indigné: Ce n’est pas demain la veille que nous connaîtrons la liste exhaustive des planques dorées, placards, organismes bidons, etc. qui permettent les petits arrangements en famille…

Voir aussi: https://uncitoyenindigne.wordpress.com/?s=arrangements

 

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