LA SUPERCHERIE DE LA MAIN TENDUE…

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La dignité et le sérieux des pays dépendent en grande partie de la qualité des hommes et des femmes politiques qui les représentent aux yeux du monde. Les démocraties qui offrent une image respectable connaissent régulièrement des alternances claires, à l’anglo-saxonne, ou pratiquent des coalitions plus discutables, mais qui reçoivent l’assentiment de la majorité de la population.

 Si on néglige les Etats-Unis, l’Australie, et d’autres anciennes colonies anglaises, le Royaume-Uni demeure un modèle. Deux partis bien différenciés par leurs projets se succèdent au pouvoir. Le 3e, le parti libéral, qui était le 1er au début du siècle dernier, a laissé la place aux travaillistes et n’est plus qu’un appoint éventuel pour une majorité plus difficile à former. Les conservateurs ont dirigé le gouvernement britannique pendant 139 ans ! En Allemagne, à l’histoire plus tourmentée, ce sont aussi les conservateurs de la CDU-CSU qui ont occupé le plus longtemps le pouvoir depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le basculement régulier de la majorité permet d’équilibrer la stabilité du pays avec la possibilité des innovations et évite l’immobilisme des démocraties asiatiques souvent dominées par un parti constamment majoritaire. Les pays du sud de l’Europe ont tendu vers ce modèle, soit après la dictature en Espagne, soit après la confusion électorale italienne.

La Ve République avait instauré ce système en France, et conduit à des alternances significatives. L’évidente baisse de niveau intellectuel et moral du personnel politique de notre pays était néfaste et déplaisante, mais ne portait pas atteinte aux institutions qui sauvegardaient la vitrine de la France. La situation actuelle vient de fissurer celle-ci. Elle risque bien d’exploser, et certains Français ne semblent pas percevoir le phénomène.

Le président élu ne possède pas une véritable légitimité. Il faisait partie de l’équipe qui a si mal dirigé le pays que son prédécesseur était impopulaire au point de ne plus pouvoir se présenter. Macron a donc été lancé avec le succès que l’on sait sur le canot de sauvetage de la gauche, ou plutôt de cette gauche « libérale-libertaire » qui sévit dans le microcosme où se côtoient journalistes et hommes d’argent et d’influence, si représentatif du pourrissement parisien. Le décalage entre les discours incohérents et inspirés du nouvel élu, pleins d’une fougue et d’un enthousiasme juvéniles, et la réalité d’un homme qui a grandi dans l’ombre des pouvoirs, ceux de la politique et ceux de la finance, révèle un grand talent de comédien et font deviner le cynisme froid d’un ambitieux, qui avait, comme par hasard, mené son DEA à l’université de Nanterre sur Machiavel.

Ce point éclaire l’histoire récente. L’entreprise de séduction actuelle est sans doute l’une des plus grandes supercheries de notre histoire. Un homme dont l’activité professionnelle, courte et rémunératrice, a consisté à faciliter des acquisitions ou fusions d’entreprises, essentiellement au service d’une grande banque d’affaires, n’est pas nécessairement une personne vouée au bien commun ni dévouée à la grandeur du pays. Parrainé dans son ascension par Jouyet, Attali et le Minc de la « mondialisation heureuse », il veut changer la France en gommant son identité, quand il fallait renforcer l’économie du pays pour sauvegarder son indépendance. Cette question ne le préoccupe guère. Ni la domination écrasante de l’Allemagne en Europe, ni l’immigration, ni le danger de l’islamisme ne le touchent. Il faut, selon lui,  que les jeunes Français songent tous à devenir milliardaires. Une telle méconnaissance des questions politiques et culturelles au profit d’un économisme, étroit et inadapté au pays, a été favorisée par le débat de l’élection présidentielle qui a été centré sur l’économie.

On voit mal comment le drame du chômage, que la France n’avait jamais subi à un tel niveau, malgré le matelas protecteur des emplois publics, pourrait trouver son issue dans la réalisation d’un programme dont le candidat disait lui-même qu’il n’était pas nécessaire. Le seul élément indispensable, à ses yeux, n’est autre qu’Emmanuel Macron, E.M., comme En Marche ! Un tel narcissisme devrait inquiéter. La collection d’ambitieux égocentriques qui vient de le rejoindre ne rassure guère. Plusieurs d’entre eux sont prêts à toutes les dissimulations, à tous les revirements, à toutes les trahisons. Macron disait pour se justifier que la politique n’était plus la course aux honneurs où l’on doit faire ses preuves à un niveau inférieur pour être élu plus haut. Serait-elle donc le mât de Cocagne où le plus fort grimpe immédiatement au sommet, ou l’échelle de perroquet dont on gravit rapidement les échelons sans rien faire tout en parlant beaucoup pour ne rien dire ?  Dans les deux cas, le peuple est spectateur et non acteur. La démocratie est entre parenthèses. Fillon a été éliminé du second tour par une machination mêlant l’Elysée, la presse et le parquet au mépris du droit. Face à Marine Le Pen, l’élection était gagnée d’avance. 43 % des inscrits, moins d’un électeur sur deux, ont voté Macron. Nombre de ceux-ci ne l’ont pas choisi mais ont voté contre son adversaire parce qu’ils étaient privés de leur véritable choix. C’est ce qui explique l’importance de l’abstention, des bulletins blancs et nuls. Il y a eu quelque chose de pourri dans ce scrutin, que le concert des médias en faveur de l’élu, cherche à nous faire oublier.

Il est donc logique et légitime que l’alternance reprenne ses droits et que l’opposition d’hier, que la droite soit majoritaire pour conduire une politique de réduction de la dépense publique, de dynamisation de l’économie, de limitation de l’immigration, de restauration de l’enseignement, de renforcement de la sécurité, d’affirmation de l’indépendance et de l’identité. Le brouillard mystificateur, qui mélange une prétendue logique présidentielle à une confusion des lignes, veut faire croire à un renouveau fondé sur une union politique. Celle-ci n’existe pas. La main tendue est un piège dans la logique du personnage. Le premier ministre qui est la caution de la manœuvre a simplement rejoint son camp idéologique. Socialiste à Sciences po, il avait opté pour la « droite » à la sortie de l’ENA, et à l’entrée dans un cabinet. Les autres piaffent d’une ambition dévorante. Ils avaient lâché Fillon dans la tempête, et prétendent accepter la main tendue pour le pays et dans l’intérêt général. En fait, ce sont eux qui tendent la main pour recevoir leur bakchich ministériel. Ils n’ont aucune légitimité pour le faire. Leurs calculs personnels traitent avec mépris les adhérents et les sympathisants du parti qui a soutenu leur carrière. En rompant aussi cyniquement l’engagement moral de la primaire, les transfuges montrent combien ils ont peu le respect du peuple et de la démocratie.

Source : Christian Vanneste

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SI ON PARLE AUTANT D’IMPOSTURE…

Doit y avoir une grosse part de vérité …

Michel Onfray fustige Emmanuel Macron, c’est un imposteur !

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LES CHIENS DE GARDE MÉDIATIQUES VONT HURLER

Emmanuel Macron recevra Vladimir Poutine

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Ce que Hollande n’avait osé faire, Macron le fera. Il recevra Poutine le 29 Mai, et à Versailles, s’il vous plait. Un nouveau climat semble poindre à l’horizon. Bien sûr, Macron n’aurait jamais osé braver le courroux de ses sponsors en se rendant lui-même à Moscou, tout comme Donald Trump plutôt occupé en ce moment à tenter de se débarrasser de son lourd fardeau « d’ami de la Russie ». Il n’empêche, les chiens de garde médiatiques resteront quand même vigilants et surveilleront chaque fait et geste durant cette rencontre pour déceler le moindre signe de décrispation. Ce serait pourtant une occasion en or pour que la France redevienne la France, celle que Pierre le Grand avait tant admirée.   

Le Président français Emmanuel Macron recevra son homologue russe Vladimir Poutine le 29 mai à l’occasion d’une exposition marquant les 300 ans des relations diplomatiques entre la France et la Russie.

Le nouveau Président français et son homologue russe s’entretiendront à Versailles le 29 mai, a annoncé l’Élysée.

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rendront au Grand Trianon, à Versailles, pour l’exposition consacrée à la visite de l’empereur russe Pierre le Grand en France en 1717 et réalisée en partenariat avec le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Selon le Kremlin, les discussions porteront sur les perspectives des relations politiques, commerciales et culturelles entre les deux pays.

Les deux Présidents procèderont à un échange de vues sur les questions internationales et régionales d’actualité, en particulier sur la coordination des efforts dans la lutte contre le terrorisme et dans le règlement des crises en Syrie et en Ukraine.

Dimanche 21 mai, le quotidien russe Kommersant avait indiqué que Vladimir Poutine partirait pour la France ce 29 mai pour inaugurer avec le Président français l’exposition en question.

Vladimir Poutine a discuté, jeudi 18 mai, pour la première fois par téléphone avec Emmanuel Macron. Lors de la conversation, les dirigeants des deux pays ont évoqué de nombreux sujets importants, notamment la lutte conjointe contre le terrorisme, les Accords de Minsk et l’avenir des relations franco-russes. Au début de la conversation, Vladimir Poutine a félicité Emmanuel Macron pour « sa prise officielle de fonction et la formation du nouveau gouvernement ».

Source: sputniknews.com/international

 

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C’EST PLUS CLAIR QUAND C’EST DIT COMME ÇA

BS vendredi 19 mai 2017 ttp://numidia-liberum.blogspot.fr/2017/05/emmanuel-macron-en-off-jai-ete.html#links Le président de la République a fait une annonce en off qui risque de donner de la fièvre aux conspirationnistes de tous bords. Il a allégué que son Premier Ministre a été sélectionné par le groupe hyper mondialiste Bilderberg, tout comme il a été choisi pour devenir […]

via Emmanuel Macron :  » J’ai été sélectionné par le Groupe Bilderberg. Il n’y a pas de démocratie à proprement parler en France. » — Francaisdefrance’s Blog

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LA DÉMOCRATIE EST MORTE !!!

Ceci n’est absolument pas une surprise, nous en avions eu des échos à EuroCalifat par une source à la DCRI, mais sans assez d’information pour justifier un article. Ceci montre en tout cas très clairement que face à de telles ordures, face à marcon aujourd’hui, tout, tout tout tout est permis. Tout. Sans exception. Selon […]

via Le PS préparait un coup d’Etat de cas de victoire de Le Pen — EuroCalifat

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À MÉDITER

via Le retour de la barbarie — La France Chrétienne et son histoire

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TERRES A PRIX D’OR : QUAND LES FIRMES ACCAPARENT LES FERMES

Le modèle agricole français est en train de vivre une transition importante, au péril des fermes sans que l’Etat puisse intervenir: la financiarisation de la terre.

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Terres à prix d’or : quand les firmes accaparent les fermes © Getty / Alberto Incrocci

Aujourd’hui, les fermes sont de plus en plus remplacées par des sociétés rachetées, parfois par des spéculateurs. C’est ce qu’on appelle la « financiarisation de la terre« , un phénomène qui est en train d’éteindre les fermes et de devenir le modèle agricole français.

Une des illustrations spectaculaires de cette financiarisation est la vente du domaine Bonneau du Martray, à Pernand Vergelesse, en Côte d’Or, qui était depuis 200 ans la propriété de la famille Le Bault de la Morinière. En janvier 2016, l’actuel président du Club de football Arsenal, Stanley Kroenkee, a racheté ce domaine à un prix très élevé, provoquant la stupeur de vignerons voisins, comme Aubert Lefas, vigneron à Pommard au domaine Lejeune et président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne :

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Aubert Lefas, vigneron © Radio France / Philippe Reltien

Les chiffres sont énormes, c’est totalement décalé si on valorise ça à 12 ou 15 millions € l’hectare. Mais c’est impossible, c’est purement spéculatif.

Autre exemple : de riches chinois ont acheté une ouvrée, c’est-à-dire un 24ème d’hectare, de Chambolle Musigny pour le prix d’un hectare de champagne. Bernard Martenot, qui dirige un Office de défense et de gestion des terres, s’inquiète : « Une ouvrée de vignes atteint la somme fabuleuse de 1,3 millions €. Il faudrait donc arriver à vendre 1000€ la bouteille, pour une rentabilité sur 15 ans ».

Ce sont des bouteilles que les français moyens ne verront plus, ne pourrons même plus déguster.

Dans une moindre mesure, ce type de ventes surévaluées existe aussi dans le Calvados. Jean-Claude Feugeres, 70 ans, a vendu ses terres à deux jeunes agriculteurs céréaliers du département de l’Eure, qui lui ont proposé le double de ce qu’elles valaient : 1,2 millions € pour 85 hectares. « Ils sont contents puisque c’est le double d’hectares par rapport à ce qu’ils peuvent trouver ailleurs, explique Jean-Claude FeugeresDans les zones céréalières où il y a du haut potentiel, c’est une bataille effrénée : dès lors qu’il y a une parcelle, il y a 30 candidats, des sociétaires ou des grosses structures. C’est un autre modèle d’exploitation, une autre agriculture maintenant ».

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Jean-Claude Feugeres, agriculteur © Radio France / Philippe Reltien

Problème : ces prix à la hausse ont des répercussions sur tous les agriculteurs qui se trouvent à proximité. A Bercy, on manie la règle à calcul fiscale sans distinction, comme l’explique François Mauss, expert en viticulture du blog Ma bulle :

Du jour au lendemain, la valeur de leur terre peut exploser.

« Le fisc français va immédiatement considérer que les terres de ce niveau valent cette somme, donc toutes les autres propriétés qui cultivent sur le même terroir, vont voir du jour au lendemain la valeur de leur terre exploser. C’est affolant pour les familles où il y a plusieurs enfants, plusieurs héritiers, qu’il va falloir traiter. »

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François Mauss, expert en viticulture © Radio France / Philippe Reltien

En Allemagne, l’héritier est taxé seulement pour 10% de la valeur de l’acquisition, avec un dégrèvement dès qu’il exploite sa terre plus de 5 ans. Mais en France, l’impôt de succession grimpe en fonction des prix de vente les plus hauts. Aubert Lefas fait remarquer que les premières victimes sont donc les héritiers :

« Un jeune sur la colline de Corton (Bourgogne) est endetté pour 20 ans pour pouvoir payer les droits de succession d’un oncle dont il a hérité en ligne indirecte. Il fait un très grand vin mais il faut qu’il soit capable de valoriser sa production pendant 20 ans pour rembourser des droits considérables. S’il fait 3 mauvaises récoltes, il ne sera plus capable de rembourser ».

Autre conséquence : les écarts se creusent entre les vins d’une même région. En 4 ans, les grands crus ont pris artificiellement plus de 25%. De 4 millions d’euros l’hectare en 2013, on est passé à 5 millions et demi d’euros en 2016. C’est pour cette raison que des petits vignerons estiment que la hiérarchie des vins de Bourgogne n’a plus aucun sens. Parmi eux, Manuel Olivier en Nuits-Saint-Georges, se désole de ce nouveau modèle :

« Si on veut continuer d’avoir de grands vins en France, il faut absolument revenir à une notion de rentabilité et de transmission, et ne pas partir dans des systèmes de bulles spéculatives ou financières qui nous emmènera hors de nos valeurs paysannes ».

Du paysan propriétaire aux salariés de sociétés agricoles

Pour bien comprendre comment la terre est devenue un objet de spéculation, il faut faire un peu d’histoire. Avant, les enfants héritaient de la terre gratuitement et reprenaient l’exploitation des parents. Mais il a fallu trouver des astuces pour qu’aucun d’eux ne soient lésé. C’est ainsi qu’on a mis en place les premières sociétés foncières agricoles, explique Aubert Lefas :

« Si vous avez trois enfants, vous mettez tout ça en société, vous avez 1/3 des parts de société pour chacun des enfants. L’un en est le gérant exploitant, et les deux autres vont toucher une part des revenus liée à l’exploitation. Mais quand eux-mêmes feront leur succession, ils vont se sentir loin des réalités de l’exploitation, donc on va progressivement séparer les terres dans une structure dont on dit qu’elle est foncière. L’exploitant se trouve dessaisi de la propriété dans un système de partage pour limiter les risques des autres associés ».

Ces sociétés se sont multipliées et elles ont ensuite échappé aux paysans qui ont progressivement été remplacés par des entrepreneurs, des banques ou même des sociétés d’assurances qui ont racheté des parts de ces sociétés. Cette tendance s’amplifie, constate Emmanuel Hyest, le président de la Safer, l’organe de régulation du foncier agricole :

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Emmanuel Hyest, président de la Safer © Radio France / Philippe Reltien

« En 2015, 13% du marché était détenu par des personnes morales, donc ce n’est plus quelque chose de marginale. 13% en surface, 26% en volume financier. Les gens qui acquièrent sous forme de financiarisation sont prêts à mettre le double de ce que ça vaudrait. Aujourd’hui, les gens qui sont en place depuis des générations se rendent compte que la financiarisation est en train de bouleverser leur métier et qu’ils ne pourront plus l’être demain ».

Mais cette mutation est plus globale encore et entraîne la fermeture des fermes. Il faut maintenant des exploitations plus grosses et plus de rentabilité : de 700 000 exploitations, nous sommes passés à seulement 400 000 aujourd’hui. Dans les 5 ans qui viennent, 100 000 fermes pourraient encore disparaître.

La France grenier de pays étrangers ?

Le rôle de prédateur joué par certains investisseurs étrangers en France est également préoccupant. Ainsi, un milliardaire chinois, monsieur Hu, épaulé par un français dans l’import-export de vins, Marc Fressange, est entré en catimini dans le grenier à blé de la région du Berry. Il rachète d’abord 1700 hectares de céréales. Sa holding est désormais présente dans le Gers, en Charente et en Normandie. Un site d’investigateurs du net suit pas à pas sa progression. L’un d’eux, qui se fait appeler « Drapher », explique comment ce système s’est mis en place :

« Pour le démarrage, le rachat est à 98 ou 99% des parts sociales d’une société agricole. C’est un petit consortium. Il y a 9 sociétés agricoles, et une holding parisienne dont le directeur général est le PDG Monsieur Hu et le directeur le PDG de Beijing Reward International, Monsieur Fressange. On peut croire qu’ils veulent faire entrer du grain dans des coopératives à des prix très bas, mais on peut aussi penser qu’il y a une filière industrielle reliée à l’agro-industrie implantée en France qui avance beaucoup ».

Monsieur Hu est un milliardaire rouge. Un haut gradé devenu entrepreneur qui a fait fortune dans les détergents, et qui s’est vu confier la mission d’élever 400 000 vaches laitières en Chine. Christophe Dequidt, de la Société de conseil agricole Triangle, qui l’a rencontré pour son livre « Le Tour du monde des Moissons » se souvient d’une autre mission qui a été proposée au chef d’entreprise :

« En 2008, il y a eu un phénomène grave en Chine : « la crise de la mélamine ». On a retrouvé dans du lait infantile un composant dont la vertu est d’augmenter la protéine du lait mais qui fait des trous dans l’estomac. Et ils ont demandé à des gens comme Hu, s’ils étaient prêts à se lancer dans le défi de créer une filière laitière en Chine. Monsieur Hu a été chargé, comme d’autres chefs d’entreprise, d’aller investir à l’étranger, pour produire à l’extérieur des céréales qu’il ferait éventuellement revenir en Chine ».

Faute de terres arables (terres qui peuvent être cultivées), la Chine doit bien trouver à produire ailleurs. C’est pour cela qu’elle vient d’acheter en Australie la plus grande ferme du monde : 11 millions d’hectares, presque la moitié de notre surface agricole.

Cette possible vampirisation de récoltes françaises ne va peut-être pas s’arrêter là, car selon certains experts, les terres du Charolais pourraient bientôt être, elles-aussi, convoitées. L’embargo sur le bœuf français vient d’être levé en Chine, longtemps après la fin de la crise de la vache folle. Or, il y a là-bas un marché potentiellement gigantesque pour notre bœuf. La question d’un possible accaparement d’une production au détriment de l’intérêt d’un pays se pose donc réellement, ce qui inquiète Emmanuel Hyest, président de la Safer :

« Il y a un problème d’autonomie alimentaire. On sait tous que quelqu’un qui investit cherche à tirer un profit, ce n’est pas anormal. Mais son profit peut aussi répondre à sa demande d’autonomie alimentaire propre. Que sur la planète on aille faire son marché de matières premières quand chacun a répondu à ses propres besoins, ce n’est pas un souci, mais quand on va directement à la source, au risque que le pays qui le produit soit lui-même dans une difficulté d’alimentation, on n’est plus dans la même règle du jeu. »

L’impuissance de l’Etat

Face à cette situation, l’Etat est impuissant. Ces ventes n’ont rien d’illégales. Dans cette économie mondialisée, les sociétés de Monsieur Hu sont de droit français. Mais quand bien même il voudrait agir, l’Etat est aujourd’hui désarmé, parce qu’il y a des failles dans la règlementation. Le préfet peut refuser de délivrer une autorisation d’exploitation mais uniquement si l’acheteur a un statut d’associé exploitant. Or, il prend ici la qualité d’associé non exploitant.

La Safer est tout aussi démunie. Elle ne peut bloquer une vente que si la totalité des parts d’une société change de main. Or, les acheteurs, généralement très bien informés, se contentent d’une majorité des parts pour contrôler une société.

Le droit de préemption de la Safer, considéré jadis comme l’arme atomique du pauvre paysan, est devenu un pistolet à eau. La préemption ne représente aujourd’hui que 5% de son chiffre d’affaire. A tel point que certains notaires, comme Benjamin Travely, s’interrogent sur les pratiques de la Safer :

« Nous avons des retours de confrères et de collaborateurs de notaires, qui nous expliquent des pratiques contestables. Par exemple le fait que la Safer soit très présente sur le marché des maisons à la campagne, où il n’y a plus d’enjeux de fonciers agricoles. On a l’impression qu’elle intervient pour prendre sa part du marché et se refinancer, au détriment parfois des collectivités publiques. Par le jeu de mécanismes fiscaux particuliers, la Safer exonère l’acheteur de droits d’enregistrement, et il y a une vraie perte fiscale pour le conseil départemental et la commune concernés. »

La mondialisation : problème ou solution ?

Autre question : dans une économie mondialisée, de quel droit peut-on bloquer des capitaux étrangers, lorsqu’on investit soi-même à l’étranger ? Par ailleurs, ces filières d’exportation permettent de corriger le déficit de notre commerce extérieur. En 2012, 8 milliards d’euros de vins ont été exportés, soit l’équivalent de 150 rafales.

Selon le juriste Hubert Bosse Platière, il suffirait de créer un permis d’exploiter préalable, qui serait délivré, ou non, selon l’usage que le propriétaire veut faire de sa terre.

De son côté, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) propose d’actionner le levier des subventions européennes. Le syndicat agricole souhaiterait réserver ces subventions aux réels exploitants agricoles, et non plus aux simples exécutants d’une firme. Josiane Béliard, présidente des propriétaires ruraux de la FNSEA, explique sa proposition :

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Josiane Béliard © Radio France / Philippe Reltien

« Nous réfléchissons avec les autres pays européens, à un statut d’agriculteurs qui méritent les aides européennes par rapport à des exécutants qui ne méritent pas ces aides. Il faut les réserver à des chefs d’entreprises qui sont de vrais agriculteurs. Par contre, quand on voit que la reine d’Angleterre perçoit des aides européennes, c’est détestable ! On devrait arriver à faire partager cette idée aux autres pays européens. »

La situation est paradoxale : d’un côté, des agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur production parce que les prix sont trop bas, et de l’autre, des exploitations sont rachetées à prix d’or par des investisseurs. Ces deux facteurs concourent cependant au même résultat : l’agriculture familiale est en voie de disparition.

Source : Philippe Reltien /Radio France

 

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MACRON OU L’IMPOSTURE BIEN PROTÉGÉE

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Créé par les puissants et poussé par les médias, Emmanuel Macron est une créature terrifiante qui prêche tout et son contraire pour arriver à ses fins. Parachuté à l’Elysée par le système, il sait que le costume de président sera trop grand pour lui, comme il le fut pour le gros Hollande. Macron ne cesse de travailler son image de chef d’Etat et il est à craindre que toutes ses opérations de comm’ seront encensées au lieu d’être dénoncées par des journalistes aux ordres. Dans ces conditions, il ne sera pas aisé pour les vrais opposants de se faire entendre.

Le 18 mai, une quinzaine de sociétés de journalistes dont celle du Monde, de TF1 et d’Europe 1 ont publié une lettre ouverte dénonçant les agissements du président Macron. Mais qu’a bien pu faire leur petit génie pour s’attirer les foudres de ceux qui ont porté sa candidature à bout de bras pendant de longs mois ? Le nouveau président a tout simplement souhaité maîtriser sa communication comme il l’a toujours fait. Maîtriser sa comm’ est une manière consensuelle de dire qu’il entend une soumission absolue des journalistes. Un journaliste est un individu payé à tresser les lauriers au Sieur Macron. C’est tout.

Ainsi, il s’est arrogé le droit de dire quels médias auraient le droit de le suivre dans ses déplacements et surtout quels journalistes auraient le bonheur et la charge de dire du bien de lui où qu’il aille et quoi qu’il fasse. L’exigence était peut être un peu trop forte et une quinzaine de sociétés de journalistes ont souhaité exprimer « leurs inquiétudes ». Un semblant de révolte sympathique qui sera rapidement annihilé. Un coup de fil de Macron aux propriétaires de journaux et les plus récalcitrants perdront leur tête.

Les journalistes – enfin les personnes qui ont une carte de presse – sont déjà rentrés dans le rang, car aucun d’entre eux n’a souligné le mépris du porte-parole du gouvernement lorsque ce dernier a tenté de défendre un contrôle de l’information totale. Pour le déjà très énervant Christophe Castaner, les journalistes avaient été choisis individuellement en raison des « délais très courts » pour organiser le déplacement présidentiel au Mali le lendemain. Les délais sont très courts donc on prend le temps de sélectionner un par un les journalistes. Une logique macronienne à laquelle il va falloir s’habituer…

 Contrôle total(itaire)

Macron sait qu’il a été porté par une presse aux ordres. Il sait aussi que sa vacuité est facilement identifiable et que des sujets et questions un tant soit peu ironiques peuvent suffire à le déboulonner. Il y a un impératif à rester dans la posture et l’imposture. Macron joue donc au chef de l’Etat en soignant son image internationale. Il se rend à Berlin pour confirmer à Merkel qu’il continuera de protéger les intérêts allemands au détriment des Français et la presse s’émerveille de la vigueur et l’audace du nouveau président. Il part à Gao pour dire que le terrorisme c’est mal et il devient un chef de guerre redoutable sous la plume de ses amis journalistes.

Mais qu’attendre de plus d’une caste payée à soutenir un système économique et idéologique qui reste fragile quoi qu’en disent les commentaires post-élection ? Doit-on rappeler que le simple fait de marcher sur le tapis rouge dans la cour de l’Elysée a valu à Macron d’être qualifié de « maître des horloges » par un journaliste du Monde ? Un journagogo qui mérite de suivre son maître horloger pendant cinq ans grâce à cette seule sortie digne d’un bouffon.

Les journalistes n’ont plus aucun sens critique et se changent même en illusionnistes pour faire passer la marchandise Macron de force. Le bilan auprès de Hollande est passé sous silence. Son physique est désormais la référence ultime dans le monde de la mode et du chic. Le président est un orateur hors pair qui ne zozote pas. Macron n’est pas celui qui affiche son mépris dès qu’un gonze ose ne pas l’ensevelir sous les louanges.

Avec un tel compagnonnage, il va être très difficile pour les Français de se mobiliser sauf si les législatives débouchent sur une opposition forte. En effet, sans tensions visibles et pérennes au Parlement, les journalistes pourront continuer à peindre une France qui n’existe pas. Sorte de village Potemkine où l’immigration est une chance et où les Français – chômeurs ou salariés précaires – sont heureux dans une Europe libérale et gouvernée par Berlin et la finance. Les angles d’attaque seront limités et toute critique sera perçue comme étrangement proche des idées du IIIe Reich. La combine a été lancée depuis le soir du premier tour. Elle sera perpétuée tout au long de ce quinquennat qui promet d’être cauchemardesque.

Source : 24 heures actu

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VOUS ÊTES PRIÉS D’ALLER MOURIR AILLEURS…QUE CHEZ VOUS.

 « Le maire qui prend un arrêté interdisant aux gens de mourir chez eux !! »

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Bravo à Monsieur le Maire (je ne parle de Bruno, notre nouveau mamamouchi en charge de l’économie). Bravo à ce petit maire pour avoir pris l’arrêté certainement le plus stupide, le plus ubuesque de l’année, mais aussi sans doute l’un des plus pertinents.

« Considérant la pénurie de médecins, et considérant l’impossibilité de pouvoir faire constater un décès de façon décente, j’ai pris ce matin un arrêté interdisant aux Laignevillois de décéder à leur domicile ! »

Je lui laisse la parole car ce qu’il soulève concerne chacune et chacun de nous.

Voilà ce que ce « petit » maire dit sur sa page Facebook

« Vous allez me dire que cela est totalement absurde ! Effectivement ça l’est !

Ça l’est tout autant que l’absurdité de la situation face à laquelle nous avons été confrontés ce matin. Une situation totalement «ubuesque» mais aussi dangereuse et indigne ! Je m’explique : ce matin, le corps sans vie d’un homme âgé a été découvert à son domicile aux alentours de 7h30 par son auxiliaire de vie.

Dans cette situation, un médecin doit normalement intervenir pour délivrer le certificat de décès qui atteste de la mort naturelle de la personne et sans lequel aucune action ne peut être engagée. Ni toilette, ni déplacement du corps à la morgue…

C’est là que les choses se sont gâtées. Pendant toute la matinée, nous nous sommes heurté au refus du SAMU d’envoyer une équipe médicale pour constater le décès, ainsi qu’à l’Agence Régionale de Santé qui a été incapable de répondre à notre problème.

Nous avons même dû contacter des médecins dans le 93 afin d’obtenir les trois refus que la «procédure» de l’ARS impose pour qu’elle se décide à trouver une solution. Toute la matinée, l’ARS et le SAMU se sont renvoyés «la balle» et ce n’est qu’à 12h30 qu’une équipe du SMUR Clermont a été diligentée afin de remplir le document de constat de décès ! 5 h pour obtenir une signature de la part d’un médecin attestant de la mort naturelle du patient !!

Cette situation indigne et stupide devient désormais récurrente et préfigure la crise sanitaire qui se prépare. Nous avons de plus en plus de mal à trouver des médecins pour constater les décès sur nos communes, et cela prend des heures, sans parler du mur administratif qui se dresse à nous dès lors que l’on ne trouve pas de praticien.

L’arrêté que je viens de prendre est stupide, j’en conviens, mais il est là pour dénoncer la situation dramatique face à laquelle nous allons nous confronter très bientôt.

Le désert médical qui se prépare dans notre département va engendrer une crise sanitaire que nous n’avions plus connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, dans deux ou trois ans, certains secteurs de notre département n’auront plus aucun médecin.

Cette situation est le fruit (pourri) du manque de courage politique des différents gouvernements qui se sont succédé depuis plusieurs décennies, mais aussi de l’obstruction systématique des «médecins-députés» qui siégeaient à l’Assemblée et qui ont refusé toute réforme du système médical.

Les médecins ont beau jeu de se déclarer «libéraux», mais il ne faut pas oublier qu’ils ont été formés durant 7 ans par les hôpitaux publics et que c’est grâce à l’argent public qu’ils ont obtenu leurs diplômes.

Aussi, il n’est pas normal que cette formation aux frais du contribuable n’ait pas de contrepartie pour garantir la couverture médicale nécessaire à la bonne santé de nos populations.

Il n’y a pas dix solutions pour répondre aux besoins de nos populations. Il n’y en a qu’une, et ce n’est certainement pas le développement de la télémédecine prônée par notre nouveau président qui va répondre à nos besoins (j’attends que l’on m’explique comment je vais pouvoir faire constater un décès par télémédecine !)

La réforme du système passe par :

– 1 : Régionalisation des diplômes (Un médecin formé dans une région s’engage à y passer ses 10 ou 15 premières années d’exercice) ;

– 2 : Mise en place d’un numérus clausus régional en fonction des besoins réels ;

– 3 : Mise en place de quotas de médecins par nombre d’habitants pour éviter les déséquilibres entre les villes et permettre un maillage de médecins cohérent par rapport à la présence de population.

Sans cette réforme, c’est une véritable crise sanitaire qui va s’imposer à nous d’ici deux ou trois ans maximum. Il est urgent de prendre des mesures fortes et concrètes. Nos services d’urgence sont à bout de souffle et notre système de santé se meurt !

Aussi face à l’absurdité du système actuel, je n’ai pas d‘autre choix que de prendre cet arrêté absurde pour dénoncer la situation dans laquelle se trouvent nos communes afin d’alerter les pouvoirs publics. »

Vers une énorme crise sanitaire comme en Grèce

Il faut aussi tout simplement former plus de médecins, on peut également imposer une installation avec un service obligatoire de quelques années dans des maisons médicales qui ont vu le jour presque partout maintenant.

Bref, tout est possible, tout est envisageable.

Ce qui est certain c’est que la désertification médicale, qui est un vrai problème, n’est pas le seul, loin de là !

Il va se poser le problème d’un financement général de la médecine dans un monde où il faut payer les dettes.

Quand il faut payer les dettes, et je peux vous assurer que leur plan c’est de vous faire payer les dettes jusqu’au dernier centime, le seul chemin possible est celui de la baisse des dépenses.

Il va falloir y passer et on ne vous demandera pas votre avis.

Il faut donc envisager dès à présent que les soins vont devenir de plus en plus coûteux. C’est d’ailleurs l’idée derrière les complémentaires obligatoires, et c’est toujours la même histoire, les choses évoluent par itération, progressivement, par petits pas.

Ce que la Sécu ne rembourse plus, la mutuelle le prendra en charge ou pas… en fonction de la « formule » que vous achèterez.

Dans les mois qui viennent, les choses vont considérablement évoluer. Vous devez vous organiser pour faire face à ces bouleversements.

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Source : Charles SANNAT

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.

 

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60 ANS QUE L’AGRICULTURE A TOUT FAUX

Des chercheurs français démontrent que les rendements des cultures sont plus élevés quand différentes plantes sont mélangées et qu’elles possèdent un patrimoine génétique diversifié. L’exact contraire de ce que fait l’agriculture depuis 60 ans.

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D’après cette étude, les polycultures ont en moyenne un rendement meilleur que les monocultures, surtout en condition de sécheresse. © INRA

PARADIGME. « C’est un nouveau paradigme » s’enthousiasme Cyrille Violle, chercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE-CNRS/université de Montpellier). Dans le cadre du projet PRAISE sur l’amélioration génétique des prairies semées (financé par l’Agence nationale de la recherche), le CEFE et l’Inra de Lusignan dans la Vienne ont mené une expérimentation originale par sa démarche et totalement nouvelle pour la science. « Pendant un an, nous avons cultivé sur 120 mini-parcelles de 1,2 m sur 1,3 cinq espèces fourragères (luzerne, trèfle blanc, ray-grass, dactyle, fétuque), explique Cyrille Violle. Des parcelles ont accueilli une seule plante en monoculture, d’autres les 5 en polyculture, et nous avons également fait varier la diversité génétique, certaines parcelles n’abritant qu’un seul type, d’autres cinq ou dix génotypes ». Certaines parcelles ont été irriguées d’autres pas, pour vérifier le comportement des plantes en situation de sécheresse.

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Un an et demi plus tard, les chercheurs ont récolté, pesé et comparé la production en matière sèche de chacune des parcelles. Les résultats qui viennent d’être publiés dans la revue Nature plants montrent sans ambiguïté que les polycultures ont eu en moyenne un rendement meilleur que les monocultures, surtout en condition de sécheresse. En irrigation, les parcelles en plantes mélangées ont présenté un rendement supérieur de 200 grammes par m2, soit 2 tonnes par hectare. En situation de sécheresse, la différence est de 8 tonnes par hectare ! La biodiversité génétique apporte un second enseignement. Les parcelles contenant dix génotypes différents pour une seule espèce, au lieu d’un seul, ont présenté une meilleure stabilité de rendement d’une année sur l’autre.

Les plantes se partagent les ressources en eau et nutriment

Ce résultat s’explique par le comportement des plantes entre elles. « Dans les parcelles en polycultures, les plantes n’extraient pas l’eau et les nutriments à la même profondeur dans le sol, leurs racines étant extrêmement différentes. Il y a donc une meilleure exploitation de la ressource disponible » explique Cyrille Violle. Le rendement plus stable avec un nombre de génotypes plus important s’explique par les capacités individuelles de résistance de chaque individu, ce qui augmente les chances qu’au moins une partie de la population soit moins affectée par le manque d’eau. Avec un seul génotype, la totalité des plantes souffrent en même temps.

CLONES. Des plantes en mélange avec une forte biodiversité génétique, c’est ce que l’agriculture combat depuis les débuts de la « révolution verte » à la fin de la seconde guerre mondiale. La recherche (l’Inra en tête) a cherché au contraire à sélectionner par hybridation des individus extrêmement productifs qui ont ensuite été massivement utilisés par les agriculteurs. Aujourd’hui, la grande majorité des surfaces semées en grandes cultures (maïs, blé, oléagineux) sont occupées par des plantes qui ont exactement le même patrimoine génétique. Or, cette logique est en train de buter sur des contraintes physiques d’épuisement des sols, biologiques de multiplication des ravageurs s’attaquant à des clones présentant tous la même faiblesse et surtout climatiques avec l’augmentation des températures. Le réchauffement en cours est l’une des principales causes de la stagnation des rendements du blé depuis le milieu des années 1990. Le maïs du Sud-ouest perdra au milieu du siècle une tonne à l’hectare, soit 10% de rendement. « Nos résultats montrent qu’il est désormais plus intéressant de parier sur la biodiversité pour augmenter les rendements » assure Cyrille Violle. Le mouvement est encore marginal, mais de plus en plus d’agriculteurs et quelques semenciers commencent à envisager de changer radicalement de pratiques agronomiques. L’Inra explore cette voie notamment pour le blé au centre du Moulon près de Versailles. Le changement de paradigme va donc autant toucher la science que les agriculteurs.

Dans le même numéro de Nature Plants, Forest Isbel, chercheur à l’université du Minnesota commente ainsi l’expérience française : « Il devrait être possible pour les agronomes de définir et améliorer des mélanges d’espèces qui puisse augmenter les rendements en optimisant les conditions dans lesquelles les végétaux se complètent entre eux. Les mêmes outils et technologies qui ont été développées et employées pour améliorer la monoculture pourraient d’ores et déjà être employés pour la production en polyculture ».

Source:  Planète Info

 

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