LA JUSTICE A PERDU SON BON SENS

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UNE MÉMOIRE, ON LA CÉLÈBRE OU ON L’EFFACE

« François Bayrou est le carbone 14 d’Emmanuel Macron », décrypte Éric Zemmour

Aux yeux du polémiste, le chef de l’État a réussi ce que le leader du MoDem a toujours rêvé de faire.

 

À côté de l’arrivée d’un énorme groupe La République En Marche, celle d’un groupe d’une cinquantaine de députés MoDem est l’autre nouveauté de cette Assemblée nationale sortie des urnes. « Les Trois mousquetaires étaient des Béarnais, comme François Bayrou. Il en a conservé le caractère, le goût des duels à fleurets pas toujours mouchetés ; mais aussi un penchant irrésistible pour la vantardise », constate Éric Zemmour. Ainsi, « quand Bayrou déclare que ‘c’est le groupe MoDem historiquement le plus fort qu’on ait connu’, il oublie seulement de préciser qu’il n’y a jamais eu de groupe MoDem à l’Assemblée nationale« , poursuit-il.

« Macron a réalisé le rêve qu’a porté Bayrou pendant vingt ans : celui d’une coalition mariant enfin le centre-droit et le centre-gauche », analyse Éric Zemmour, selon qui « Bayrou est le chaînon manquant entre Giscard et Macron« . Il ajoute : « Bayrou est le carbone 14 de Macron. C’est la force et la faiblesse de Bayrou. Une mémoire, on la célèbre ou on l’efface. Selon les besoins et les intérêts du moment ».

Pour le coup on l’efface…

Source : Eric Zemmour/RTL

LA RÉDACTION VOUS RECOMMANDE

 

 

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LA MARCHE DE L’ILLUSION

SUITE ET COMMENCEMENT DE LA FIN ?

Le vote, la crise, et le futur

La décantation des résultats du 2ème tour des élections législatives fait apparaître un peu plus l’ampleur du refus de voter qui s’y est manifestée. Si l’on additionne les abstentions et les votes blancs et nuls, votes qui ont connu une très forte progression entre le 1er et le 2ème tour (on est passé de 500 000 à 2 millions), on dépasse les 61,5%, dont 57,36% d’abstentions et 4,20% de blancs et nuls. Cela signifie que seuls 38,5% des électeurs inscrits (soit 18,31 millions sur 47,58 millions) ont voté lors de ce second tour.

Cette ampleur du refus de vote, quelle que soit la forme qu’elle ait prise, conduit à se poser des questions sur le sens même de cette élection.

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 Pays légal, pays réel ?

Si l’on n’avait abusé de la maurassienne opposition entre « pays légal, pays réel », on serait en droit de l’utiliser pour décrire la situation actuelle. Assurément, la situation n’est pas semblable à celle dans laquelle Charles Maurras avait émis cette dichotomie. Celle-ci renvoyait d’ailleurs à des choses différentes et ne pouvait se réduire à un simple chiffre des non-votants. Pourtant, aujourd’hui, nous avons un « pays légal », dans lequel La République en marche aura la majorité absolue à l’Assemblée Nationale à la suite d’élections dont nul ne conteste la légalité, mais cette majorité absolue de députés ne saurait faire oublier la majorité, cette fois-ci écrasante en comparaison, des français qui n’ont pas voté, ou qui se sont refusé à exprimer un choix quand ils ont voté. C’est ce décalage qui justifie, en dépit des réticences historiques et politiques que soulève son emploi, que l’on reprenne cette dichotomie du « pays légal » opposé au « pays réel ». L’Assemblée Nationale, pour légale qu’elle soit aura d’emblée un immense problème de légitimité.

L’une des conséquences de cette situation est qu’il n’y a nulle vague derrière le Président et son parti. Le système électoral français amplifie, on le sait et on l’a suffisamment répété, les résultats d’une élection. Mais, en 1981, lors de la fameuse « vague rose », l’abstention ne représentait que 24,9% (au 2ème tour). De même, lorsque survint, en 1993, la « vague bleue », on ne comptait que 32,40% d’abstentions. Nous sommes bien aujourd’hui dans une situation très différente. Et, c’est cette situation sur laquelle il convient de réfléchir, au-delà des échecs des uns et des succès des autres.

 Crise de légitimité et fractures politiques

Car, même si – par miracle – l’élection avait eu lieu selon les règles de la proportionnelle, règle qui, rappelons le, auraient donné 84 députés à la France Insoumise (elle n’en a que 19) et 80 au Front National (il n’en a que 8), la représentativité, et donc la légitimité, de cette assemblée n’en serait pas moins fragile. Bien sûr, on peut toujours argumenter que dans le cas d’un scrutin à la proportionnelle, l’abstention eut été moins forte. Cela est possible, mais reste néanmoins à prouver. Il convient donc ici de distinguer le problème de la représentation des forces politiques au sein de l’Assemblée Nationale, problème qui frappe à l’évidence les deux forces d’opposition véritable, et qui pourrait être réduit par une loi électorale un peu différente, du problème de la légitimité générale de cette assemblée, tel qu’il découle de l’ampleur de la véritable « grève du vote » dont nous avons été les témoins de la part des Français.

Cette « grève du vote », qui a impliqué 61,5% des inscrits témoigne de ce que la crise politique que connaît la France, crise larvée depuis 2012 et le reniement européiste de François Hollande, puis crise ouverte depuis 2013, n’est pas terminée. Les thuriféraires d’Emmanuel Macron et les propagandistes et communicants à la solde de La République en Marche peuvent toujours claironner que s’ouvre avec cette élection une nouvelle période. Nous savons tous qu’il n’en est rien. La société française reste durablement fracturée par le chômage, par l’ampleur des inégalités, par le poids des intérêts du grand capital et des banques sur le milieu politique et médiatique, mais aussi par la crise de l’école républicaine, celle du modèle d’intégration à la française et par le risque terroriste. Cette fracturation, le 1er tour de l’élection présidentielle en a donné une image fiable. Il a montré que face au camp du capital, un camp qui aujourd’hui se confond avec celui des intérêts européistes, les différentes forces souverainistes faisaient jeu égal, voir avaient la majorité.

De quoi l’avenir sera-t-il fait ?

Le risque est grand de voir le « pays légal » s’imaginer qu’il a tous les droits, et mettre en place des réformes et des mesures qui vont aggraver cette fracturation de la société française. En fait, ce risque peut prendre deux formes distinctes. La première se rapproche de l’anomie, avec une société qui se déferait progressivement sous coups de plus en plus violents portés contre elle, quitte à ce que des fragments de cette dite société se réfugient dans la violence pour faire valoir leurs droits. Nous entrerions alors dans un univers à la Hobbes, une « guerre de tous contre tous », et cela pour le plus grand profit, et la plus grande joie il convient de l’ajouter, du 1% qui nous gouverne. La seconde, et elle serait infiniment préférable, verrait alors les Français, rassemblés, mettre en commun leurs forces contre les institutions occupées par une minorité illégitime, pour faire aboutir leurs revendications. C’est ce à quoi appelait, dès dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon.

Le basculement vers l’une ou l’autre de ces formes a une importance considérable. Il détermine de fait l’avenir qui sera le notre. Il convient donc que les forces d’opposition, dans leur ensemble, comprennent qu’il n’y a de solution à la crise politique que nous connaissons que dans des luttes collectives à la faveur desquelles émergera à nouveau la notion de bien commun. Car, et ce point doit être compris par tous, le « bien commun » n’existe pas en surplomb aux différentes luttes sociales. Il se construit en leur sein. C’est pourquoi, la participation aux luttes collectives est aussi importante pour définir le futur qui sera nôtre.

Alors, et alors seulement, une solution alternative pourra être trouvée à ce que des collègues ont justement appelé le « bloc bourgeois » ou plus précisément le « bloc libéral ». Ces forces, sans renoncer à ce qui fait leur identité politique, doivent comprendre que des formes d’unité sont nécessaires si elles veulent, un jour, voir triompher leurs idées.

 Articuler « le » politique et « la » politique

Cela implique une véritable réflexion sur les champs respectifs « du » politique et de « la » politique. Le politique, on le sait, est défini par l’opposition ami/ennemi. C’est l’espace des conflits antagoniques. Mais, avoir plus d’un ennemi à la fois, c’est aussi prendre le risque de se faire battre, surtout quand ces ennemis sont eux aussi conscients du problème. La politique, c’est l’espace des conflits non-antagoniques, des oppositions et des divergences qui peuvent légitimement émerger entre forces politiques, qui doivent à un moment être résolues, mais dont la résolution peut passer au second plan par rapport aux affrontements antagoniques cités plus haut. Chantal Mouffe a appelé cet espace celui des affrontements agoniques, dans une distinction que beaucoup de ceux qui se réfèrent à sa pensée, mais qui visiblement ne l’ont pas lue, feraient mieux de méditer.

Ainsi, qu’il y ait des divergences importantes, et mêmes radicales, entre les souverainistes ne doit pas empêcher ces mêmes souverainistes de se retrouver face à un ennemi commun. On conçoit que nombre de questions peuvent opposer des militants qui ont rejoint le Front National ces dernières années et des militants solidement enracinés dans la gauche historique que l’on retrouve au sein de la France Insoumise. Il y a des divergences de point de vue, et des divergences d’identité politique. Ces divergences perdureront dans le combat qui s’annonce. Mais, les uns et les autres doivent comprendre que ces divergences ne pourront s’exprimer que si la souveraineté du peuple, c’est à dire la souveraineté de la France, est rétablie. Cela n’implique nullement que ce qui les oppose soit vain, ou même simplement mineur. On peut le voir sur le terrain économique, sur la question fiscale par exemple. Ces oppositions doivent être respectées, et elles sont légitimes, dans la mesure où elles représentent des positions sociales différentes.

Mais, ces oppositions ne doivent pas masquer celle, par contre irréductible, qui oppose les souverainistes et leurs ennemis. C’est ce qu’avait compris Eric Dillies, candidat malheureux du Front National, dans la circonscription du Nord où vient d’être élu Adrien Quatennens, le candidat de la France Insoumise. Eric Dillies avait déclaré dans le journal local, la Voix du Nord : « Je vais voter pour lui, et j’appelle mes électeurs à suivre mon exemple, (…). J’ai rencontré Adrien Quatennens, c’est quelqu’un de bien. Face à une majorité pléthorique, il défendra le peuple, il s’opposera, il ne sera pas un béni-ouioui »[1]. Il fut écouté par ses électeurs, et cela a pu contribuer au succès de Quatennens. C’est un exemple de mise en œuvre de cette distinction entre « le » politique et « la » politique que les souverainistes devront impérativement maîtriser dans le futur s’ils veulent espérer pouvoir gagner.

Crise politique et crise de nerfs

Ce qui devait être un « simple remaniement technique », se transforme en cauchemar (ou presque) pour Emmanuel Macron et son Premier-ministre, Edouard Philippe. La démission de 4 ministres, plus ou moins compromis dans différentes affaires, depuis le lundi 19 juin, soit Mme Goulard et Mme de Sarnez et MM. Ferrand et Bayrou, secoue le cocotier. Elle fait tâche. On notera que 2 de ces 4 ministres, Mme Goulard et M. Bayrou, occupaient des portefeuilles régaliens : la défense et la justice. Cela fait effectivement beaucoup.

Surtout que l’on peut penser que l’on n’en restera pas là. Le nom de Mme Pénicaud, la Ministre du Travail, est désormais cité de manière récurrente en liaison avec le financement du voyage d’Emmanuel Macron en Californie en 2016.

Bref, trois jours après l’élection de l’Assemblée Nationale qui donne une majorité absolue au Président, le voici confronté aux vieux démons de la politique française, avec une crise politique, en bonne et due forme, couplée avec une crise de nerfs de la part d’une partie des commentateurs politiques.

Bien entendu, on dira que ceci n’est qu’une péripétie. Cela reste néanmoins à prouver. On dira aussi que cela permet à Emmanuel Macron de se dégager à moindre fais de l’emprise du MODEM (dont trois sur quatre des ministres démissionnaires faisaient partie), et que cela pourrait permettre à la famille politique d’origine du Premier-ministre, M. Philippe, de revenir aux affaires. Que Monsieur Philippe et Monsieur Darmanin, ex-UMP et Républicains ne voient pas d’un mauvais œil la déconfiture actuel du MODEM ne fait aucun doute. Sauf que, justement, toute la communication d’Emmanuel Macron reposait sur la notion d’équilibre entre les différentes forces politiques. Cet équilibre est aujourd’hui mis à mal. Si le gouvernement d’Emmanuel Macron se réduit à une alliance entre certains des plus modérés des ex-membres des Républicains et certains socialistes en rupture de ban et de parti, le renouvellement politique tant promis, et en un sens tant attendu, tournera court.

On peut assurément penser qu’il en faudrait plus pour distraire notre nouveau Président de ses grands projets. Il n’a nullement besoin du MODEM pour avoir une majorité à l’Assemblée Nationale. De plus, le groupe des Républicains vient de se diviser et une vingtaine de députés, par l’odeur du brouet ministériel alléchés, se préparent à rejoindre la majorité présidentielle. Sauf que, dans ce cas, cela marquera de plus en plus à droite Emmanuel Macron. Or, une parie de son succès reposait justement sur l’ambiguïté qu’il avait su faire régner sur ce point. S’il est renvoyé aux classiques équilibres de la vieille politique, il ne faudra guère longtemps pour que l’on soulève, aussi, la question de la légitimité même de l’Assemblée. Rappelons que cette dernière ne fut élue que par 38,5% des inscrits, un triste record dans les annales de la République.

Les tractations en cours vont donc viser à reconstruire la façade de l’édifice macronien. Nul ne doute qu’il y aura nombre de journalistes pour applaudir et féliciter le Président et le Premier-ministre. En ces jours de fête de la musique, il est cependant un instrument que l’on commence à entendre beaucoup : c’est le pipeau.

Emmanuel Macron se voyait bien en joueur de flûte de Hamelin. Au son entraînant de son instrument, il conduisait les français, hypnotisés, sur la route du néo-libéralisme et du fédéralisme européen. Mais, si sa flûte magique, qui a réussi à enchanter une large partie des médias tant en France qu’à l’étranger, devait se révéler n’être que le traditionnel pipeau dont on apprend à jouer dans tous les cabinets ministériels depuis de nombreuses générations, il se prépare à de grosses désillusions.

Car, c’est la confrontation au réel qui peut s’avérer la plus destructrice pour le projet macronien. Confrontation aux questions économiques et sociales, comme on le pressent avec la question de la réforme du code du travail. Signalons ici que l’INSEE, dans sa note de conjoncture du mois de juin, détruit largement l’idée macronienne que les rigidités du code du travail seraient à l’origine du chômage. Mais aussi confrontation au réel sur la question de la moralisation de la vie politique ou du terrorisme islamiste. Enfin, Emmanuel Macron n’échappera pas à une confrontation avec le réel en ce qui concerne les relations franco-allemandes. Et cette confrontation pourrait bien faire éclater toutes les illusions qui, encore aujourd’hui, entourent son projet.

La crise politique actuel, car quand 4 ministres démissionnent en 48 heures dont le Ministre de la Défense et celui de la Justice, c’est bien d’une crise politique qu’il s’agit, pourrait être le début de l’éclatement de la « bulle » Macron. Le fait que cette crise politique survienne un mois à peine après la formation du gouvernement est significatif. Quels que soient les artifices dont le Président de la République usera pour chercher à redorer son blason, il vient d’entrer dans cette spirale qui voit les dirigeants de notre pays, parce qu’ils sont incapables ou se refusent à apporter des solutions réelles aux problèmes des Français, perdre – plus ou moins rapidement – de leur popularité. Mais, pour un homme élu par défaut et appuyé par l’Assemblée Nationale la plus mal élue de la Vème République, et certainement la moins apte à faire face aux défis auxquels le pays est confrontés, cette perte de popularité pourrait prendre véritablement un tour tragique.

Source : jacques Sapir / Russeurope

 

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TARTUFERIE À LA SAUCE BÉARNAISE

Quand Bayrou faisait des leçons de morale à la droite avant de se faire rattraper par la patrouille….

Source: TV Ridicule

Voir aussi: https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2017/05/20/jai-dit-ca-moi-comme-cest-bizarre/

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LA MARCHE DE L’ILLUSION

Législatives: le gros coup de gueule d’Elzate

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Bonjour, réveil douloureux le morveux va donc disposer d’une majorité à l’Assemblée Nationale.

Cette majorité se fera sur une abstention massive plus de 50%. Aujourd’hui 12 juin 2017, j’appelle tous les sympathisants et militants de droite à se mobiliser pour inverser autant que faire se peut le vote du 18 juin prochain. Vous, qui comme moi êtes gaulliste, cette date du 18 juin fut dans le passé la date de la révolte des français contre le nazisme.

Oui j’appelle celles et ceux qui vont le dimanche à la messe et qui ne vont pas déposer un bulletin dans l’urne. Oui j’appelle celles et ceux qui préfèrent partir en pique nique plutôt que de prendre 5 minutes pour mettre un bulletin dans l’urne. Oui j’appelle celles et ceux qui préfèrent la plage ou la piscine, plutôt que d’aller mette un bulletin dans l’urne.

Le 18 juin 1940 de Londres, le Général appelait les français à se révolter contre l’ennemi. Le 18 juin 2017, 77 ans après, reprenons les armes, nos bulletins de vote pour sauver la France de la dictature qui s’étend insidieusement, celle de la pensée unique. Ne donnons pas de pouvoir à ces guignols, incompétents ou traîtres qu’il faudra former dans les usages de l’Assemblée Nationale. N’oublions pas que ces futurs dépités seront les grands électeurs des sénatoriales qui se profilent. Je n’ai rien contre la jeunesse, je fus l’une des premières à demander le renouvellement des cadres de LR. Dans ma commune, la candidate LR a été éliminée.

Au second tour j’ai le choix entre un mec sorti de nulle part « macroniste » et une candidate F haine. Dimanche prochain, je pourrai ne pas me sentir concernée. Et bien NON, j’irai déposer un bulletin Fhaine dans l’urne. RAS LE BOL du « Front républicain ». Mon seul et unique but est de contrer à la mesure de mes faibles moyens, la progression de la pensée unique du morveux. Vous pouvez tous râler sur les réseaux sociaux, comme vous allez râler dès septembre quand les ordonnances seront signées. Là vous prendrez enfin conscience de ce qui vous attend. Il sera trop tard. Pensez à faire des provisions, le morveux n’est pas « Le Père Noël », dans cette phrase qu’il a dit aux ouvriers de GM&S, et qui veut tout dire.

La rentrée risque d’être explosive. Tous les syndicats et Dieu sait que je suis anti syndicat, vont sortir les grèves et paralyser la France. Ils seront tous dans la rue, ouvriers, chômeurs, paysans, retraités…. J’avais écrit à maintes reprises que le vote utile de la présidentielle c’était le Fhaine. Je savais une chose, marine élue, elle aurait eu une majorité contre elle et que c’était notre seul espoir de cohabitation. Cela nous laissait aussi le temps pour nous reconstruire. C’était en 2017 qu’il fallait caser la baraque. Nous reprendrons du morveux en 2022.

La France sera islamisée, nos droits limités, notre liberté de parole sera encadrée, comme dans les pires régimes totalitaires. Vous n’avez rien voulu entendre. J’en veux au félon d’avoir voulu aller au bout de cette désastreuse présidentielle. J’en veux à nos « ténors » de ne pas l’avoir éjecter. Je suis écœurée par celles et ceux qui nous ont trahis en rejoignant le marquis poudré.

Alors le 18 juin, LEVEZ VOUS, ALLEZ VOTER, FAITES TOUT pour contrer les candidats de la majorité présidentielle. Si pour cela il faut voter F Haine ou Mélenchon, faîtes le. Croyez bien qu’il m’en coûte d’écrire ces mots en faveur de deux partis que j’abhorre au plus haut point.

 Source : Elzate Yamacan / peuple de France

Voir aussi : https://uncitoyenindigne.wordpress.com/2017/04/23/voter-est-un-devoir/

 

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LA MARCHE DE L’ILLUSION

Macron aura probablement sa majorité à la sortie des législatives, espérons qu’elle soit relative pour cadrer tout ça.

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PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

La com. « parfaite » de Macron cache en réalité un début de mandat raté

Étrange Président Macron qui a besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale et se doit donc de rassurer, fédérer, rassembler pour nourrir la dynamique qui l’a porté au pouvoir, mais qui, à peine élu, dégaine le sujet le plus anxiogène qui soit pour les millions de salariés qui ont voté pour lui, la réforme du Code du travail!

Il parait que c’est pour annoncer la couleur dés le début du mandat, contrairement à Hollande qui avait à la fin du sien sorti de nulle part une réforme du Code du travail que personne ne lui demandait. L’intention serait louable, l’histoire jolie et la musique agréable s’il n’y avait justement quelques inquiétants non-dits.

Prenez l’histoire du plafonnement des indemnités prud’homales. Ne trouvez-vous pas suspect de mettre autant d’ardeur à vouloir imposer une mesure qui réussit le tour de force de réaliser l’unité des syndicats contre elle, alors que c’est une question marginale dans les décisions d’embauche des entreprises et les préoccupations des salariés? Les entreprises embauchent pour couvrir des besoins et prennent soin de bien choisir des candidats qui devront enchainer les CDD avant de se voir proposer un CDI. Le Centre d’Etude pour l’Emploi a comparé les taux de recours aux tribunaux du travail dans les différents pays européens. Résultat : « La France est nettement en dessous de la moyenne européenne (10,6 demandes pour 1 000 salariés en Europe contre 7,8 en France) ».

Le non-dit, c’est qu’instaurer un plafond du montant des indemnités auxquelles pourrait prétendre un(e) salarié(e) dans une procédure de prud’homme revient à mettre en place un barème pour les ruptures conventionnelles de contrat entre salarié(e) et entreprise. Si un(e) salarié(e) a des prétentions qui sont au-dessus du plafond des prud’hommes, l’entreprise lui fera remarquer qu’alors son intérêt à elle sera d’aller au contentieux, tout en lui proposant moins d’argent, en arguant que c’est du sûr, de l’immédiat et sans frais d’avocat…

« Avec les syndicats, cela s’est bien passé parce que je ne leur ai rien dit! » annonce notre président à quelques confidents, avec le sourire d’un gamin qui a fait un coup pendable couplé au regard entendu d’un vieux renard. Manque de bol, une caméra et son micro traînaient par là. Dans les non-dits, il y a probablement tout ou partie des mesures dévoilées par le Parisien. Le gouvernement a aussitôt démenti en arguant que le document brandi par les journalistes n’émanait pas de lui et ne l’engageait donc pas, ce qui revient à confirmer que ces mesures trottent bien dans les têtes. Ce n’est plus une réforme du Code du travail qui nous serait promise, mais tout une palette d’outils à disposition des entreprises pour y déroger. Le modèle, c’est l’usine de fabrication des Smart, où, au terme de deux référendums, les salariés ont accepté d’abandonner les 35h pour revenir au 39h… payées 37!

Inconscient Président Macron qui a balancé aux orties le joli cadeau que lui a laissé son prédécesseur. L’entrée sur la scène internationale d’un nouveau Président français se fait toujours par la porte de l’Europe. Les mots et gestes du nouveau dirigeant de la deuxième puissance du continent le plus riche du monde sont observés à la loupe, décortiqués, par nos voisins européens, méditerranéens, africains, et autres petits et grands du monde. C’est le moment des symboles et des gestes forts, celui où le Président français donne le « La » de la politique économique et européenne de la France pour les cinq ans à venir.

Sur la scène européenne, François Hollande a clos son mandat par l’organisation d’un dîner des chefs d’Etat d’Allemagne, d’Italie et d’Espagne, début mars. Ce dîner actait la naissance d’une nouvelle gouvernance de l’Union Européenne, assumée par ses quatre premières puissances. Comme premier geste européen, Emmanuel Macron aurait dû inviter l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne a un dîner des chefs d’Etat. Là il y aurait eu du renouveau et de l’innovation, un geste fort à l’adresse du reste de l’Europe et du monde. Au lieu de cela, il a organisé sa future impuissance en allant classiquement à Berlin pour un tête-à-tête convenu avec Angela Merkel, lesté d’un plan lourd et long à mettre en oeuvre, une assemblée des quatorze pays qui partagent l’Euro. Quand on a fait l’ENA, ne sait-on pas qu’il est plus facile de s’entendre à quatre pays qu’à quatorze ou vingt-sept? Faut-il avoir fait Saint-Cyr pour savoir que l’on poussera toujours plus loin les allemands en s’y mettant à trois avec l’Italie et l’Espagne, que seul dans un tête-à-tête déséquilibré Paris-Berlin?

En intégrant d’entrée l’Italie et l’Espagne pour impulser avec l’Allemagne ce nouveau leadership politique de l’Union européenne, il se serait assuré la place de leader du nouveau quatuor des grandes puissances du continent. Occasion ratée. Dommage. Ou idiot, si la raison qui a prévalu à cet incroyable recul tient au refus de s’inscrire dans les pas de Hollande… Il parait que c’est une obsession du nouveau Président, il ne faut surtout pas « faire Hollande », idéalement, en prendre le contre-pied. Cher Nouveau Président, pour ton bon peuple de France « Le Roi Hollande est mort, vive le Roi Macron ». Conséquemment, le peuple se fout que ceci ou cela fasse ou ne fasse pas Hollande. Il veut des résultats. Il veut de l’efficacité. Sinon, gare au retour de bâton.

Pour l’instant, peu importe ce que fait ou ne fait pas Emmanuel Macron, rien ne semble prêter à conséquence, puisque ça tient grâce à une communication bien léchée, parfaitement maîtrisée. La presse, française et internationale, est dithyrambique sur son entrée sur la scène française, européenne et mondiale. Les sondages pour les législatives sont excellents, alors qu’il n’hésite pas à effrayer l’électeur de gauche avec un truc qui n’a jamais ramené un électeur de droite, la réforme du Code du travail, et qu’il présente la précarisation des salariés pour s’adapter à la mondialisation comme le fil rouge de son programme économique.

Inquiétant Président Macron, maitre dans l’art de cultiver les contradictions, au point que l’on se demande s’il n’incarne pas le pervers narcissique en politique, tant il aime jouer avec le feu et manier les contraires. Il est assis sur une ligne de fracture profonde de la vie politique française, dont il se moque comme de sa première chemise! Son socle électoral va d’un certain point de la gauche à un certain point de la droite. D’où qu’ils viennent, les « En Marche » sont pro-européens, républicains, libéraux en matière sociétale et à des degrés divers en matière économique et sociale. Ils forment un courant de pensée large et profondément ancré dans la société française, artificiellement fracturé en deux par la logique du mode de scrutin majoritaire. Indiscutablement, la démocratie française a besoin de respirer. Il est temps de la sortir d’un mode de scrutin majoritaire qui la bi-polarise artificiellement. Il faut retrouver une cohérence entre les courants de pensée politiques et leur représentation en passant à un mode de scrutin à la proportionnelle, à l’image de l’Allemagne, la Hollande ou des pays scandinaves.

Pour Emmanuel Macron, ce serait le plus sûr moyen de consolider son assise politique, mais cela reviendrait à partager le pouvoir, et çà, il ne le veut pas. Cette fonction n’est pas dans le logiciel. Il est à la tête d’une génération de trentenaires et quadragénaires issus de l’ENA, Normal Sup et HEC, conservateurs et jacobins, sûrs de l’autorité que leur confère leur supériorité supposée, et un brin machos. Pas trop de filles dans le cénacle. Si la parité femme-homme est assurée pour la façade, les candidats à l’Assemblée nationale par exemple, ce n’est pas le cas dans les vrais lieux de pouvoir de la « macronie ». Dans cette caste, le pouvoir ne se partage pas, il s’exerce.

Cette génération est ivre d’une première vraie et grande victoire. Promis depuis leur sortie des grandes écoles aux plus hautes responsabilités de la République, ils ont gagné dix à vingt ans sur leur tableau de marche. Ils ont bouffé les générations de quinquagénaires et sexagénaires qui étaient devant. La France risque de souffrir de cette mise au rencard prématurée de la génération à maturité de ses élites, remplacée par la suivante, peut-être arrivée trop vite trop haut. Ils ont l’arrogance et la confiance de la jeunesse, sont cyniques et brutaux. Regardez comment ils ont humilié Manuel Valls. Ils vont exercer une gouvernance dure et autoritaire, par dessus un groupe parlementaire qui va vite ressembler à une pétaudière, et donc de l’Assemblée. Au vu des premiers pas, ils vont mettre le feu sur le front social à l’intérieur du pays, sans élargir les marges sur le front économique extérieur grâce à l’amorce d’un nouveau cycle politique en Europe. Macron aura probablement sa majorité à la sortie des législatives, espérons qu’elle soit relative pour cadrer tout ça. Sinon, ça va swinguer. Grave.

Source : Malik Lounès  / HUFFPOST

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ARNAQUE CHANGEMENT CLIMATIQUE / ACCORDS DE PARIS

 

Pour expliquer pourquoi Trump a décidé de quitter les Accords de Paris.

 

Source : ALDO STERONE

 

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POUR EMMANUEL MACRON, PLUS DURE SERA LA CHUTE

avertit Nicolas Domenach

Si le Président a réussi son défi initial (prendre très vite de la hauteur), il va falloir qu’il envisage un jour ou l’autre son retour sur Terre.

« Comme pour l’astronaute Thomas Pesquet, ce ne sera pas du gâteau que de retrouver la pesanteur terrestre et la lourdeur du train train quotidien, quand on s’est envolé si haut », lance Nicolas Domenach à propos d’Emmanuel Macron. « C’était une chose de réciter son petit de Gaulle illustré (…), mais c’était une autre paire de manche pour un novice en politique que de réussir son élévation, sa mise en orbite jupitérienne en évitant les ratés, les bourdes et les boubourdes qui furent fatales à ses prédécesseurs », poursuit-il.

Le journaliste met en garde Emmanuel Macron : l’apesanteur ne dure qu’un temps ! Si Charles de Gaulle disait qu’il avait « un seul rival, c’était Tintin », pour Macron c’est Thomas Pesquet, « qui a quand même bien voulu le prendre au téléphone, alors que ça lui coûtait ». Et Nicolas Domenach d’ajouter : « Car quand on atterrit, on se sent lourd, maladroit, et plus du tout aérien. Tout paraît si petit, si mesquin, si terrien et bon à rien, qu’on peut souffrir du space blues, le mal de l’espace, la nostalgie de l’apesanteur ».

 « Thomas Pesquet a gagné plus de 2,5 centimètres qu’il va reperdre. Mais le petit Emmanuel Macron lui aussi a grandi, si, si ! », s’amuse-t-il. « Enfin c’est peut être notre regard qui a changé, ou les photos officielles de l’Élysée ! Vous avez remarqué que notre Jupiter élyséen est soigné par des photographes qui sont des as de la contre-plongée : il est aujourd’hui le plus grand des petits« , conclut Nicolas Domenach.

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  Source : RTL

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LE PIÈGE S’EST INEXORABLEMENT REFERMÉ

 

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LE PILLAGE DE L’ARGENT DES FRANÇAIS VA SE RENFORCER

Derrière les réformes Macron: l’Euro!

Alors que le premier tour des élections législatives s’approche maintenant à grand pas, alors que les sondages promettent une large majorité au Président et à son parti La République en Marche, diverses fuites concernant les réformes sociales qui seront décidées cet été commencent à soulever une légitime émotion [1]. En effet, outre la méthode utilisée – les ordonnances – c’est bien le contenu de ces réformes qui pose aujourd’hui problème. Mais, ces réformes ne peuvent qu’être cohérentes avec les choix européens, et mêmes européistes, du Président. En fait, ce qu’il y a en surplomb au-dessus de ces réformes, c’est bien tant la question de l’Union européenne que celle de l’Euro. Les adversaires du président Macron et de son parti seront confrontés rapidement à une réelle question de cohérence. Soit ils acceptent les présupposés du Président, et ils seront en difficultés pour contester ces futures réformes, soit ils s’opposeront de manière cohérente et conséquente aux prémices de ces dernières, et ils pourront, alors, articuler une véritable critique du programme social d’Emmanuel Macron.

Les réformes qui viennent

Ces réformes, quelles sont-elles ? Le gouvernement entretient le flou sur cette question, et dément, en tout ou partie, les révélations qui ont été publiées dans la presse ces derniers jours. Mais, d’un autre côté, ces mêmes révélations sont tout à fait dans la logique de ce qu’avait déclaré Emmanuel Macron avant son élection.

Le point principal est certainement l’abandon des règles nationales, voire des règles de branches dans un certain nombre d’activité, pour donner la priorité aux accords d’entreprises. Ces accords d’entreprises pourraient décider des motifs de licenciements, du niveau des salaires, du temps de travail (et donc des heures supplémentaires) ou encore laisser le choix à l’entreprise d’user des CDD. De fait, cela aboutirait à créer une Code du Travail « à la carte » pour l’employeur. Par ailleurs, les indemnités de licenciements seraient plafonnées. Ces accords pourraient, sans que cela nécessite un accord des syndicats, être soumis directement à l’approbation des salariés de l’entreprise. De même, une grande réforme de l’assurance chômage est prévue conduisant à une couverture dite « universelle ». Mais, c’est une réforme qui, pour l’OFCE, aboutira dans les faits à baisser les indemnités chômage. En effet, les allocations de toutes les personnes ayant des trous dans leur parcours, comme par exemple avec quelques jours de battement entre 2 CDD, seraient ainsi diminuées. Cette diminution pourrait ainsi potentiellement concerner de 20% à 50% des demandeurs d’emplois, son ampleur dépendant alors des paramètres retenus, paramètres qui ne sont pas encore fixés[2]. Enfin, le gouvernement prévoit de supprimer une partie des cotisations sociales (ce qui augmenterait techniquement les salaires) en recourant à une augmentation importante de la CSG, augmentation qui est évaluée aujourd’hui à environ 21 milliards d’Euros, soit 1% du PIB, et qui serait payée par les retraités au-dessus de 1200 euros de pension de retraite.

Si la procédure des ordonnances est bien utilisée, alors ces réformes pourraient être adoptées dès le mois de septembre 2017. Ces réformes, on peut le constater à travers les projets qui ont « fuité » depuis ces derniers jours, aggravent considérablement la déjà très néfaste loi « Travail » dite aussi Loi El-Khomri.

Des réformes qui ne régleront rien

Au-delà du tour de passe-passe sur les cotisations et la CSG, on voit bien que toutes ces mesures tendent d’une part à fragiliser la positions des salariés face aux employeurs, et c’est le produit de la logique de la négociation dans l’entreprise et non de la négociation collective, et d’autre part à faire baisser le niveau des salaires. Les conséquences ces réformes pourraient, alors, se révéler dramatique tant pour les salariés que pour les entreprises.

La fragilisation de la position des salariés provenant de l’émiettement des négociations entreprises par entreprises aura des implications importantes sur les conditions de travail. Or ces dernières se sont déjà dégradées depuis ces dernières années. La possibilité pour les entreprises de déterminer dans les faits la durée légale du travail entrainera une baisse des heures supplémentaires, qui – à son tour – entrainera une perte de salaire pour les employés. La possibilité pour les entreprises de fixer les motifs de licenciements et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif vont donner aux entreprises la possibilité d’exercer un chantage et à la baisse des salaires (compte tenu de l’existence d’une important volant de chômeurs) et à la dégradation des conditions de travail.

Ces mesures, qui seront évidemment profitables pour les entreprises et leurs actionnaires, se traduiront par une compression de la demande solvable en France. Or, la demande solvable est aussi comprimée chez nos voisins, de l’Allemagne à l’Espagne, en passant par l’Italie et le Portugal. Si les profits des entreprises vont profiter de ces réformes, le niveau général d’activité va quant à lui décliner. En effet, le volume de production dépend des anticipations quant à la demande, et de leur mouvement soit à la hausse, soit à la baisse. Si les entreprises anticipent une stagnation, voire une contraction de cette demande, elles utiliseront les moyens crées par ces réformes pour licencier encore un peu plus. Ce que va provoquer cette vague de réformes que le gouvernement et le Président entendent rapidement mettre en œuvre, ce sera donc une hausse des profits, une baisse de la demande entraînant de nouveaux licenciements qui, à leur tour feront baisser la demande, entraînant encore plus de licenciements. Le gouvernement, confronté à cette situation, proposera certainement des nouvelles réformes, aggravant encore plus la situation, au début de 2019…

Derrière ces réformes, l’ombre de l’Euro et de l’Union européenne

Il n’en reste pas moins qu’en apparence, ces réformes ont une justification. Les écarts de salaire minimum au sein de l’Union européenne sont énormes[3] : de 9 à 1 entre la France et la Roumanie et la Bulgarie, de 3,5 à 1 entre la France et la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie, de 2 à 2,5 pour 1 par rapport à l’Espagne, au Portugal ; Le salaire minimum français est supérieur de 10% au niveau de celui du Royaume-Uni et de l’Allemagne mais de plus ces derniers pays ont des dispositions qui permettent aux entreprises, sous certaines conditions, d’embaucher sous le plafond légal. Et ceci ne concerne que les pays qui ont une loi fixant un salaire minimum, ce qui n’est pas le cas de l’Italie et de la Finlande. Bien entendu, le fait que la productivité du travail soit particulièrement élevée en France compense, en partie, ces écarts. Mais en partie seulement. Aves le « marché unique », mais aussi la liberté totale des capitaux, les grandes entreprises peuvent développer dans les pays où le coût du travail est très bas des usines dont la productivité se rapproche rapidement de celle des usines en France. Dès lors, une première constatation s’impose : le « marché unique », qui est l’un des piliers de l’Union européenne, produit une logique de course au « moins disant/moins coûtant » qui se propage dans l’ensemble de l’UE. Si les entreprises bénéficient de cette course, les salariés sont bien entendu les premiers perdants.

La logique du « marché unique » aurait cependant pu être compensée par des mouvements de taux de change, produisant une réévaluation des pays où les coûts sont bas, et une dépréciation des monnaies des pays où les coûts (corrigés par la productivité) sont hauts. Mais, un tel mécanisme ne peut exister à partir du moment où existe la « monnaie unique », c’est à dire l’Euro. L’Euro interdit toute modification des taux de changes. Par ailleurs, les taux d’inflation sont assez différents entre les pays de la zone Euro (l’Union Economique et Monétaire). De ce fait, on constate, de plus, que l’Euro à conduit à l’existence d’un écart de 20% à 25% entre l’Allemagne (qui est la grande bénéficiaire de l’Euro) et la France ou l’Italie.

Le résultat est là : quand on ne peut pas jouer sur le taux de change pour corriger des déséquilibres importants il ne reste plus qu’à faire baisser les salaires. Telle est la logique, à peine cachée, des réformes que proposent Emmanuel Macron et son Premier-ministre Edouard Philippe.

Pourquoi la « dévaluation interne » est-elle une impasse

On dira cependant que si l’on pouvait faire baisser TOUS les prix (qui sont des coûts pour les entreprises et les consommateurs), alors la baisse des salaires nominaux pourrait se faire à salaires réels constants. C’est ce que l’on appelle une « dévaluation interne », par comparaison à ce qui se passe quand un pays déprécie sa monnaie. C’est ce discours que le gouvernement tente de nous vendre en contrebande. Mais, cela n’a jamais eu lieu.

D’une part, il y a des coûts (et des prix) qui sont fixes, et qui ne dépendent pas du gouvernement : les loyers (pour les entreprises et les ménages), les frais financiers. D’autre part, on a des prix (ou des coûts) qui s’ajustent bien moins vite que ne s’ajustent les salaires. C’es pourquoi, toutes – et je dis bien TOUTES – les tentatives de dévaluation interne ont toujours été bien plus dramatiques.

Pourquoi ? La raison est simple à comprendre. Une dépréciation de la monnaie revient à déprécier l’unité de compte d’un pays par rapport aux autres pays. De ce fait TOUS les prix (et tous les coûts) sont dépréciés INSTANTANEMENT par rapport aux autres monnaies. Il n’y a plus de prix fixes, ou de prix qui s’ajustent lentement qui tiennent. Mais, on peut objecter que les prix des produits IMPORTES augmentent. C’est vrai. Mais, que représente cette augmentation ? D’une part, plus de 50% des dépenses des ménages sont liées à des achats de biens et services fabriqués en France, qui eux ne bougent pas. Autrement dit, en terme de budget d’un ménage, si le « Franc » se dépréciait de 10% la hausse des coûts ne serait que de 5%. Mais, là encore, c’est un raisonnement trop simpliste. En fait, il y a un processus de substitution des productions dites « nationales » aux productions importées qui se met en œuvre.

Prenons l’exemple de la Russie, dont la monnaie s’est dépréciée de 45% à 60% de fin 2014 à fin 2016. Si l’on calcule la hausse de l’inflation induite par cette dépréciation (en sachant que la Russie avait, en situation de taux de change stable, une inflation de 6,5% par an), on constate que sur 3 ans les prix se sont accru de 16% au total. Autrement dit, le rapport entre la dépréciation de la monnaie et la hausse des prix, sur trois ans, a été de 3 à 4 pour 1. Donc, si l’on applique cela à une dépréciation du « Franc », en cas de sortie de l’Euro, de 10%, cela veut dire que l’inflation totale induite par cette dépréciation sur une période de trois ans, pourrait n’être que de 2,5% à 3,3% au total.

Le choix de ces élections législatives

On peut maintenant résumer les arguments.

  1. Les réformes qu’Emmanuel Macron veut imposer, si jamais il obtient la majorité au Parlement, se traduiront, que ce soit directement ou indirectement par une lourde ponction sur les revenus des travailleurs en France et plus généralement sur les revenus des ménages.
  2. Cette ponction peut être calculée en raison des effets de concurrence induits tant pas le « marché unique » que par l’Euro. On constate alors que pour stabiliser la situation économique de la France, il faudra faire baisser les revenus (et les salaires) de 20% à 25% AU MINIMUM. C’est ce que ne dit pas Emmanuel Macron, mais que l’on peut déduire de ses engagements européens (et européistes). C’est ici que se joue la cohérence de la politique économique : si l’on ne veut pas toucher à la monnaie unique ALORS une baisse des salaires et des revenus des pensions est impérative du fait de la concurrence entre pays de l’UE.
  3. Cette ponction aura un fort effet dépressif sur l’économie française, et engendrera une nouvelle montée du chômage. Par contre, le taux de profit des entreprises (taux de marge) augmentera, mais sans effet sur une relance ultérieure car ce n’est pas par rapport aux taux de profit passé que se déterminent les directions des entreprises mais par rapport au volume des ventes potentielles dans le futur.
  4. Si l’on avait adopté une autre politique, et à dire vrai il n’y en a pas trente-six, il n’y a QUE la sortie de l’Euro, alors, pour un coût modique en matière d’inflation, nous aurions pu (et l’ensemble des pays du « Sud » de l’Europe qui nous auraient alors suivis) récupérer la majeure partie de l’excédent commercial allemand (environ 200 milliards d’Euros par an) et rétablir non seulement les équilibres ENTRE les pays de l’UE mais aussi les équilibres en France, car cela se serait traduit par une hausse de l’emploi, qui aurait conduit tant à accroitre les recettes des régimes sociaux que les recettes fiscales. Rappelons à cet effet que les exonérations fiscales (qui sont en partie nécessaires du fait de l’existence de l’Euro) coûtent au budget de l’Etat 83 milliards par an, soit plus de 4% du PIB, soit plus que la totalité du déficit budgétaire !

Pourquoi la sortie de l’Euro est aujourd’hui centrale

C’est la raison pour laquelle le démantèlement de l’Euro et s’il le faut la sortie unilatérale de la France, n’est pas, comme on l’entend parfois, une « lubie » d’économistes ou encore une position idéologique dictée par on ne sait quel nationalisme, mais bien la condition nécessaire à l’arrêt des politiques meurtrières menées par François Fillon avant-hier, par François Hollande (et son conseiller économique de l’époque, Emmanuel Macron) hier, et qui seront menées demain par ce même Emmanuel Macron, s’il obtient une majorité absolue au Parlement.

Parler d’une « relance » de l’activité en restant dans l’Euro et sans toucher aux principes du « marché unique » ne peut être qu’un faux semblant qui conduira immanquablement, si l’on va jusqu’au bout de la logique, qu’à faire exploser la dette publique.

La sortie de l’Euro et la remise en cause du « marché unique » ne sont donc pas des « suppléments d’âmes » pour des politiques à la recherche de voix, mais les leviers absolument indispensables pour la mise en place d’une autre cohérence économique, d’une autre politique, et pour la défense de notre modèle social. Car, il faudra choisir : ou conserver l’Euro et s’attendre à une régression sociale extraordinaire qui frappera plus des trois-quarts des français (et sans doute près de 90%), ou choisir de rénover et de défendre notre modèle social mais en se débarrassant de l’Euro. Ce qu’il est IMPOSSIBLE de faire, c’est prétendre défendre le modèle social français, telle qu’il s’est construit, dans des luttes mais aussi des compromis, depuis 1945 et conserver l’Euro.

[1] http://www.leparisien.fr/politique/exclusif-le-plan-de-macron-pourreformer-le-travail-04-06-2017-7017384.php#xtor=AD-1481423553 et http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/07/reforme-du-code-du-travail-pasd-agenda-cache-assure-la-ministre-du-travail_5139834_823448.html

[2] http://www.capital.fr/economie-politique/assurance-chomage-version-macron-un-chambardement-qui-ne-ferait-pas-que-des-heureux-1223893

[3] Je cite ici des chiffres d’Eurostat en salaire brut.

Source : Jacques Sapir

 

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